Olivier Joannen et Pauline Desmullier
savoir-faire : tissage à bras de velours de soie
Le tissage à bras velours de soie est une technique artisanale rare qui consiste à fabriquer des étoffes précieuses en soie, ornées de motifs en relief. Ce procédé donne au textile son aspect moelleux et son éclat unique, très prisé pour la haute couture, la décoration et les étoffes d’exception. Réalisé sur des métiers à tisser manuels, ce savoir-faire exige une maîtrise parfaite des gestes et une grande précision. Le velours est obtenu par un procédé complexe : le tisserand insère des fers à velours supplémentaires pour créer des boucles, puis les coupe pour former la surface douce et brillante caractéristique. Il requiert non seulement la maîtrise complète du métier à bras traditionnel, mais aussi une précision supplémentaire liée à la production d’un tissu double comportant une trame de fond et une trame de poil.
Olivier Joannen (né en 1971) est tisseur à bras au sein de la maison Le Manach, fondée en 1829 à Tours. Elle s’est illustrée par des tissus de luxe (brocatelles, damas, lampas) et des imprimés jacquard appelés « Toiles de Tours ». Acquise toute comme la maison Margueroy par Pierre Frey, ses archives et métiers à bras traditionnels ont été ainsi préservés et relancés.
Pauline Desmullier (né en 1993) est une apprentie tisseuse à bras chez Pierre Frey, où elle apprend les techniques artisanales du XIXᵉ siècle auprès d’Olivier Joannen. Après des études de droit, elle s’est tournée vers l’artisanat textile pour préserver un savoir-faire rare lié aux étoffes Le Manach.
Le binôme collabore depuis février 2023, depuis l’embauche de Pauline Desmullier au sein de la société dans laquelle travaille Olivier Joannen.Travaillant quotidiennement ensemble, ce dernier a choisi l’Élève, en concertation avec leur entreprise Margueroy pour assurer une transmission et assurer une démarche de recherche et innovation pour faire perdurer le métier. L’intégration au programme va permettre de soutenir la formation et permettre d’augmenter le nombre de sachants dans l’entreprise. L’Élève, déjà tisserande confirmée, souhaite d’une part enrichir ses compétences techniques et culturelles pour assurer la pérennité de ces métiers anciens, et d’autre part développer une démarche de recherche sur la mécanique complexe des métiers, et leur adaptation à des créations contemporaines.