Calligraphie

Rareté élevée
Absence de diplôme ou certification
Absence de formation
Faible nombre de détenteurs
Papier
Le calligraphe recherche l’expressivité dans le tracé de caractères latins, chinois, hébraïques, arabes. Il utilise la plume d’oie ou métallique, le calame de roseau ou le pinceau sur du papier vélin ou du parchemin.

Description du savoir-faire

  • La calligraphie est issue de deux termes grecs, kallos (beauté) et graphein (acte de tracer), elle se définit d’abord comme un « art de la belle écriture » et plus largement comme l’art du trait. Les fondements de la calligraphie remontent à la naissance de l’écriture, lorsque les premières traces se trouvent sur des plaquettes d’argile, des sceaux de cire ou sur papyrus. Il existe trois grands courants : la calligraphie chinoise (orientale), la calligraphie latine (occidentale) et la calligraphie arabo musulmane.
    La calligraphie sera concurrencée par l’imprimerie puis reviendra en force entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. La calligraphie est une ouverture sur la peinture et les arts graphiques. Elle s’inspire de tout ce qui est actuel  voir futuriste. Aujourd’hui, il existe un véritable engouement pour la calligraphie car nous sommes dans une société où le principe de l’identification personnelle est recherché.

  • Les outils utilisés par le calligraphe, notamment pour la calligraphie latine, sont diversifiés : classiques plumes d’oiseaux, plumes métalliques, tire ligne, calame, pinceau. Ils peuvent aussi être fabriqués par le calligraphe à l’aide de cagette de bois ou à base de canette (le cola pen). 

    Il utilise des matériaux comme l’encre, la peinture (pigments et liants), l’aquarelle, la gouache ou encore la poudre de marbre.

  • Le calligraphe recherche l’expressivité dans le tracé de caractères latins, chinois, hébraïques ou arabes. La calligraphie est un rapport entre le cerveau, l’œil et la main, le tout passant par le souffle. Elle regroupe l’élégance du tracé, les proportions, le rythme, la composition des traits, la respiration des pleins et des vides. Tous ces composants déterminent la qualité d’un travail et sont universels, tout comme l’observation et la réflexion nécessaires à la réalisation d’une œuvre. Avant de maîtriser ces différents aspects souvent le calligraphe fait ses gammes en copiant les caractères anciens. Par la suite, il pourra donner libre cours à son imagination et réaliser de véritables créations. La calligraphie est à la fois un chemin menant à l’aboutissement du trait et à l’accomplissement de soi. Aujourd’hui, la calligraphie n’a pas seulement un but utilitaire, elle est avant tout d’ordre formel et artistique.

    • Calligraphie chinoise

    En Chine, les prémices d’expression calligraphique apparaissent sur des os ou des carapaces de tortues. Le premier type de calligraphie est né sous la dynastie des Qin (221-206 av J.C). Cinq styles existent : le style sigillaire, le style des fonctionnaires, le style régulier, le style courant et le style cursif.

    La calligraphie chinoise s’exerce à l’aide d’un pinceau à poils de lièvre, de belette, de chèvre, de martre ou de cheval. Le calligraphe choisit son pinceau en fonction de l’écriture qu’il veut pratiquer ; il est le prolongement de son corps. L’encre de Chine généralement utilisée sous forme de bâtonnet est fabriquée à partir de produits naturels : noir de fumée provenant de la combustion de sapin et de la combustion d’huiles végétales qui est mélangé à de la colle, puis pilé dans un mortier, cuit, pétri et séché. Le bâtonnet est frotté avec un peu d’eau sur la pierre à encre pour la rendre liquide.

    Toute la calligraphie chinoise est basée sur huit tracés fondamentaux : le trait horizontal, le point, le trait relevé, le trait vertical, le trait oblique appuyé sur la gauche, le trait oblique appuyé sur la droite, le trait brisé et le crochet. Le tracé se divise en trois parties : l’amorce, le corps et la terminaison. Pour réaliser le tracé, le pinceau doit être tenu à la verticale et le poignet doit être plat, les doigts fermés et la paume creusée, la force combinée des cinq doigts intervient. Le pinceau doit rester vertical et perpendiculaire au support. Soulever et appuyer le pinceau sont les deux mouvements à maîtriser. Il existe d’autres techniques pour exprimer des tracés tournants et courbes ou droits et angulaires. La vitesse du mouvement du pinceau influe sur l’exécution du tracé.

    Dans la calligraphie dite régulière, on doit connaître et respecter les principes suivants : l’équilibre du caractère, la dynamique du tracé (un élan qui rend vivant le caractère), la proportion harmonieuse des espaces (être attentif à la hauteur et à la largeur du mot), la juste répartition des vides et des pleins (aussi bien à l’intérieur et autour du caractère) et enfin, l’absence de conflit entre les éléments.

    Connaître les caractères n’est pas un impératif car la calligraphie peut se travailler comme la peinture ou la musique. C’est un travail de la pensée mais également du corps, la notion de souffle vital est importante pour conduire le geste. C’est un art vivant qui est en phase avec l’époque et avec l’auteur, il peut être soit très académique, soit très libre. Aujourd’hui, la notion d’art abstrait entre dans la calligraphie chinoise sauf dans l’art Bouddhique.

    En Chine, pour être calligraphe il faut passer des concours. Les calligraphes sont répertoriés par lignées et par catégories.

    • Calligraphie latine

    La calligraphie latine correspond à l’alphabet occidental. Les écritures latines sont apparues selon un ordre : la capitale romaine, les cursives romaines, la Rustica entre le I et le Ve siècle, la Quadrata au IVe siècle, l’Onciale au IVe siècle (époque romane), la Caroline époque gothique deviendra gothique primitive au IXe siècle, la Gothique textura XIVe puis XVe siècle, la Gothique italienne rontuda XIVe siècle, la Gothique bâtarde XVe siècle, l’Antiqua ou humaniste au XVe siècle, l’Écriture de chancellerie au XVIe siècle, la Fraktur la dernière des gothiques au XVIe siècle et enfin l’anglaise.

    Dans la calligraphie latine il existe trois règles fondamentales : le calcul de la hauteur de lettre qui se fait en fonction de la largeur de la plume appelée « bec» (une chancellerie par exemple correspond à 5 becs de plume), l’angle de l’outil et la pression sur l’outil.

    Tout comme en calligraphie chinoise, le calligraphe doit apprendre à maîtriser un certains nombre de traits : les traits horizontaux, les traits verticaux, les obliques et les courbes. L’agencement de ces éléments forme des signes. Les angles confèrent aux lettres leur force, leur structure et leur caractère spécifique. Pour certains travaux, comme la création d’un alphabet ou l’étude de la lettre, le calligraphe fait d’abord un tracé sur papier blanc, puis il le retouche à l’aide de calques représentants différentes étapes d’évolution. Dans d’autres cas, certains scannent leurs travaux et les intègrent à une maquette pour être travaillés sur des logiciels de traitement et de dessin assisté par ordinateur. Le fond sur lequel prend place la calligraphie n’est pas toujours neutre, souvent il est travaillé (intégration de motifs, de tissus…), ce qui permet la création de strates et donne une illusion de profondeur. Un travail de mise en page entre les différents éléments est alors effectué. La calligraphie devient un savant couplage entre la technique et le savoir-faire manuel.

    Aujourd’hui, la calligraphie latine est applicable à beaucoup de domaines comme la décoration ou le textile. Elle cherche à s’inscrire dans tous les processus dynamiques de la création aussi bien en arts graphiques qu’en arts plastiques.

    • Calligraphie arabo musulmane ou orientale

    La calligraphie arabo musulmane s’étend du Centre de l’Afrique à la Chine, avec l’Islam pour axe principal tandis que la calligraphie arabe au sens strict comprend la Syrie, l’Irak, l’Arabie, le Yémen et les Émirats Arabes.

    Le Koufique, point de départ de cette calligraphie, est composé de traits épais, de formes simples et géométriques. Son origine vient de la ville de Kufa en Irak. A la fin du VIIIe siècle, Ibn Moqlah définit à partir du Koufique six écritures de base : le style Thu’lth, le style Naskh, le style Mohaghegh, le style Riehan, le style Tuwkui, le style Rika. A la fin du XIVe siècle, la fusion du style Naskh et Ta’liq donne naissance au Nasta’liq qui est réputé pour être le pur style persan. Les six styles sont des calligraphies utilisées dans le monde arabo musulman. Toutes ont en commun l’entrelacs d’une ligne de base simple et de lignes verticales. Sur le plan du graphisme, la calligraphie arabo musulmane comprend 18 formes initiales qui peuvent se combiner et donner naissance à d’autres formes (environ 150), sachant qu’une même lettre peut être calligraphiée de manière différente. Cette diversité des combinaisons des formes permet la richesse visuelle de cette calligraphie.

    L’instrument du calligraphe est le calame, tige de roseau taillée en biseau et dont le bec est refendu. Le point de mesure de la lettre est la largeur du bec du calame. Le roseau est taillé en fonction de chaque style, il doit être à la fois dur et souple. Pour réaliser un tracé net, il faut utiliser un papier couché s’il est industriel. Pour un papier artisanal, il faut le rendre lisse à l’aide d’une agate ou encore le recouvrir d’une couche de féculant et le lisser. Traditionnellement lorsqu’il travaille, le calligraphe est assis contre le mur, aujourd’hui il peut être assis à une table de travail.

    Le développement de la calligraphie arabo musulmane est dû à l’importance culturelle de l’écriture et au rang occupé par le calligraphe dans la société arabe.

    Tout comme la calligraphie latine, la calligraphie arabo musulmane n’est plus tenue d’être lue et devient un art abstrait.

Environnement économique

    80% des calligraphes sont inscrits à la Maison des artistes. Souvent, ils exercent un second métier en plus de la calligraphie : de préférence dans les secteurs du graphisme, de la peinture ou de la photo. Le calligraphe peut aussi travailler comme copiste, enseignant, typographe, dessinateur de caractères ou peintre d’enseignes.
    En plus de sa production artistique, le calligraphe peut réaliser des enveloppes, des diplômes, des ex-libris. Il travaille parfois en rapport avec l’image sur des génériques de dessins animés, des tournages de films, des cd-rom interactifs... La lettre peut être associée à des travaux graphiques comme des logos, des images de marques et des illustrations pour livres ou magazines. Le calligraphe peut travailler pour des entreprises, des marques de luxe ou des clients prestigieux comme l’Imprimerie nationale.
    La réalisation d’une enveloppe calligraphiée coûte entre 3 à 50 €, celle d’une affiche 1 000 € et celle d’une carte de visite entre 300 et 600 €. Les tarifs sont établis en fonction du temps passé, des délais accordés, de la technique utilisée et de la notoriété du calligraphe. De plus en plus, le client fait une commande sur un thème précis. 

    Concernant la calligraphie latine, une trentaine de professionnels vivent de leur métier.

Formation

    Il n'existe pas de formation initiale spécifique. 

    Des formations non diplômantes, de durée variable, permettent de suivre une initiation ou un cursus de perfectionnement. En France il n’existe pas d’organisation institutionnelle, contrairement en Orient où la formation dure une dizaine d’années.