Dentelle ou frivolité aux navettes
Description du savoir-faire
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L’origine de la frivolité, telle que nous la connaissons aujourd’hui, se situe au milieu du XIXe siècle. Précédemment, au cours du XVIIIe siècle, les « sourcils de hanneton » sont réalisés avec des fils de soie en formant des nœuds. Ils garnissent les palatines et les couturières et marchandes de mode garnissent les robes de la cour à l’aide de longues bordures de sourcils de hanneton.
Après la Révolution, la pratique évolue et les navettes deviennent plus petites.
Au XIXe siècle apparaît la frivolité. En France, la première publication claire, avec le double nœud, apparaît entre 1847 et 1849, dans deux livrets de M. Sajou (n°16 et n°17). Au milieu du siècle, Mlle Riego de La Branchardière dévoile dans ses ouvrages des nouveautés techniques majeures. Elle reprendra de nombreuses publications existantes (Sajou, Mrs Mee, Matilda Pullan, Eliza Warren…) et améliore les présentations et descriptions techniques.
L’arceau et le raccord n’existaient pas : les travaux de frivolité sont alors uniquement constitués d’anneaux et les éléments joints les uns aux autres par nouage. En 1861, Mlle Riego de La Branchardière présente le raccord des picots tel qu'il est connu aujourd’hui. En 1865, elle invente l’arceau. Le magazine La Mode Illustrée publie en France des modèles avec des gravures identiques. En 1863 une nouvelle version de la technique est proposée, avec de nouveaux dessins et le raccord actuel. La frivolité acquiert ainsi les caractéristiques principales de sa forme actuelle.
À partir de 1866, l’évolution est très nette. Les nombreuses publications de la seconde moitié du XIXe siècle témoignent de la popularité de cet artisanat en tant qu’ouvrage de Dames. Jusqu’en 1875, la frivolité évolue très vite, puis décline pendant une dizaine d’années. Vers 1885, la frivolité revient à la mode. Thérèse de Dillmont consacre un chapitre de son Encyclopédie des ouvrages de dames à la frivolité.
La frivolité connaît ensuite une période d’oubli à partir de l’entre-deux-guerres. Les publications spécialisées deviennent plus rares. C’est à la fin du XXe siècle que de nombreuses femmes, surtout anglaises, allemandes, japonaises…, relancent la frivolité et imaginent de nouveaux points.
Sources :
Fiche d’inventaire au patrimoine culturel immatériel, La frivolité à la navette, à l’aiguille et au crochet, https://www.pci-lab.fr/fiche-d-inventaire/fiche/501-la-frivolite-a-la-navette-a-laiguille-et-au-crochet
La frivolité aux navettes, https://dentelles-confederees.fr/2022/01/08/la-frivolite-aux-navettes/
BNF / Gallica - Échantillons / sourcils de hannetons - 1735
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Les pièces réalisées sont généralement de petites tailles, comme des napperons, des éléments ou accessoires vestimentaires, ainsi que des bijoux. Si la pratique s’exerce surtout dans le domaine du loisir, elle reste peu répandue sur le plan professionnel - peu de personnes en font une activité à part entière avec un haut niveau technique.
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Au XVIIIe siècle, dans les salons, les navettes étaient en matières précieuses (ivoire, nacre, écaille, or…), aujourd’hui elles sont généralement en bois, en plastique, voire en os. En dehors des salons, le matériel était très rudimentaire, ou on travaillait seulement sur les doigts. Les navettes sont aujourd’hui en plastique ou en bois.
Le fil utilisé est généralement du coton ou de la soie. On peut également utiliser des fils polyester, notamment pour la création de bijoux. La dentelle peut être agrémentée de perles.
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Pour débuter, il est nécessaire de charger la navette en enroulant le fil autour de son axe central. Une fois remplie, elle servira à positionner le fil autour d'un fil support. Ce dernier peut provenir soit d'une pelote, soit d'une seconde navette.
Le point de base de la frivolité est le nœud double. Il se réalise en tenant la navette dans la main droite et en travaillant sur le fil maintenu par les doigts de la main gauche. Ce nœud, semblable à un feston, se réalise en deux étapes :
- Le premier passage : exécuté devant le fil de la main gauche (ou dessous selon la façon dont on tient son travail)
- Le second passage : exécuté derrière ce même fil (ou dessus)
Les figures principales sont l'anneau et l'arceau :
- L'anneau : Un ouvrage commence généralement par cette figure. Le fil support forme une boucle autour des doigts de la main gauche, sur laquelle on réalise les nœuds doubles. Pour fermer l'anneau, il suffit de tirer délicatement sur le fil de la navette : si la tension est bonne, le fil coulisse et les deux extrémités se rejoignent.
- L'arceau : La seconde figure classique se travaille de manière identique, mais sur un fil qui ne se referme pas en boucle ; il est maintenu au-dessus des doigts de la main gauche et tendu grâce à l'auriculaire.
A ces figures principales s'ajoutent le picot et les éléments de décoration :
- Le picot : on obtient un picot en laissant un espace entre deux nœuds doubles avant de les rapprocher sur le fil support.
- Les éléments de décoration : selon le projet, l'ouvrage peut être enrichi de perles, de picots ordinaires, de picots Joséphine", ou autres points dérivés du nœud double.
Pour un résultat parfait, il est indispensable de respecter le sens endroit/envers lors de l'assemblage des motifs et de réaliser des finitions (rentrées de fils) aussi discrètes voire invisibles que possible.
Environnement économique
- bijoux, accessoires de mode, voire de la sculpture : clientèle de particuliers en vente directe (sur des salons et sites de vente en ligne), ainsi que du B2B (vente à des boutiques métiers d'art et mode),
- ateliers : particuliers, mais aussi institutions, médiathèques, associations,
Il existe peu de pratiquants exerçant à un niveau professionnel. La clientèle des dentellières professionnelles s’établit ainsi :
Les dentelliers et dentellières pratiquent également à différents niveaux des actions d’enseignement au sein d'associations locales mais aussi en proposant des cours en ligne.
Sur le marché du bijou, la gamme de prix est variable en fonction du positionnement des créatrices, avec de la moyenne gamme, du haut de gamme, voire des produits de luxe.
Les pratiquants de loisirs sont souvent regroupés en association ; au contraire, au niveau professionnel, les dentellières ne sont généralement pas affiliées à une association.
Formation
Les techniques ne bénéficient pas de formation spécifique reconnue. Il existe certaines ressources (livres, tutoriels vidéos) dans le cadre du loisir, mais qui ne permettent pas d'acquérir un niveau technique pour exercer professionnellement.