Dominoterie

Rareté élevée
Absence de diplôme ou certification
Absence de formation
Faible nombre de détenteurs
Papier
Le dominotier réalise des papiers imprimés et colorés appelés papiers dominotés. Ces feuilles sont décorées de petits motifs répétitifs imprimés à la planche. Elles peuvent être utilisées en décoration murale ou pour embellir des boîtes, des malles.

Description du savoir-faire

  • En 1260, sous le règne de Saint Louis, pour la première fois en France, il est fait mention du métier de dominotier dans le «Livre des Métiers». Mais Le plus ancien connu provient d’une mallette allemande du début du 15° siècle. A l'origine, le dominotier est un marchand ou fabricant de dominoteries qui réalise toutes sortes de papiers imprimés en couleur (dominos), papiers marbrés pour la reliure des livres, cartes à jouer, papiers décoratifs, images pieuses, effigies de souverains…
    Au début du XVIIe siècle, l’usage des dominos en tant que papier de tenture, plus courant en Angleterre ou en Allemagne, reste très marginal en France. Ils sont à motifs décoratifs simples et grossiers : dessins géométriques, mosaïque, damiers, fleurettes, rayures. En 1610, Le François, dominotier enlumineur à Rouen, invente les motifs à raccord. Les dominos découpés sont posés sur les murs afin de créer un décor continu. Mais il n’en reste aucun témoignage. Il met également au point une technique anglaise qui consiste à coller sur des toiles ou autres supports, des poudres de laine de différentes couleurs, appelées «tontisses», provenant de la bourre des draps après tissage.

    Entre 1660 et 1770, la famille Papillon, graveurs, crée de nombreux dessins et fonde une école.

    A cette époque, le fond des dominos est généralement recouvert d’une couleur appliquée à l’aide de brosses rondes. Le contour du dessin gravé sur une planche en bois, est imprimé au moyen d’une presse à vis. Séché, il est rehaussé de couleurs au pinceau (opération effectuée en général par des femmes, dites «pinceauteuses»). Pour des à-plats plus importants avec des pochoirs en carton, la technique du cache (comme pour l’enluminure) est utilisée.

    Au XVIIIe siècle, les dominos vont venir remplacer à bon marché les tissus et tapisseries qui ornent les murs de maisons de «qualité». Les ateliers et les techniques vont se développer. Les dessins deviendront de plus en plus élaborés. La planche imbibée de couleur est posée sur le domino, et la pression s‘effectue en tapant dessus avec un maillet, «maillochage», permettant d’imprimer ainsi plus facilement d’autres couleurs en superposition.

    Vers 1760, Jean Baptiste Réveillon crée un atelier, la Folie Titon au Faubourg Saint Antoine à Paris avec plus de 400 ouvriers, dessinateurs, graveurs, poseurs, bénéficiant du titre de Manufacture Royale. Grâce à l’invention de la presse à bras, il développe la technique de l’impression sur rouleaux en collant bout à bout sur le côté le plus large («raboutage») 24 feuilles ou dominos. C’est le développement du papier de tenture. En 1791, Jacquemart et Bénard lui succède. Puis Zuber en 1792 à Mulhouse et Joseph Dufour en 1808 à Macon créent et développent les décors panoramiques imprimés à la planche.

    De nombreux ateliers fonctionnent alors en France, dont plus de 40 en région parisienne. Les motifs sont créés et mis au point par les dessinateurs maison. Ils font aussi appel à de nombreux artistes.

    Vers 1830, apparaît en France la fabrication du papier en continu et les manufactures vont se transformer petit à petit en industries utilisant les premières machines, les cylindres remplaçant les planches. Les termes de dominotier et domino ne seront plus employés. En 1863, le manufacturier Balin se sert du brevet de gaufrage à froid et imprime avec une presse à balancier des motifs imitant les cuirs repoussés ou les textures de tissus. 

  • Le domino est une feuille d’environ 50 cm de côté, imprimé par xylographie et décoré de motifs souvent à petites fleurs pour être collé sur des boîtes en bois ou cartons, des fonds de meubles, des malles ou tout autre objet.

  • Le travail du dominotier commence par la création de la matrice, réalisée en gravant à l’aide d’une gouge, les motifs sur une planche de bois ou de métal. Cette étape peut également être confiée à un graveur.

    Une fois la matrice prête, elle est enduite d’une encre grasse, généralement une encre de Chine riche en carbone, puis placée sous une presse. Le dominotier y appose une feuille de papier, et la pression exercée permet au motif de se transférer comme un tampon. Les feuilles fraîchement imprimées sont ensuite suspendues sur des fils pour laisser sécher l’encre, un processus dont la durée varie selon l’humidité, la température ou le vent. Vient ensuite la mise en couleurs, étape délicate où le dominotier applique les teintes au pinceau ou au pochoir. La régularité du geste est essentielle pour obtenir une harmonie visuelle et éviter les variations de nuance. 

    Lorsque les feuilles dominotées sont prêtes, elles sont posées une à une sur le support à décorer – mur, meuble, coffre, etc. Le dominotier utilise une colle à papier peint et veille avec beaucoup d’attention à l’alignement des raccords. L’humidification préalable du papier lui confère une élasticité qui facilite la pose même sur des surfaces irrégulières. Environ une heure de travail est nécessaire pour couvrir un mètre carré.

Formation

    Il n’existe pas de formation spécifique à la dominoterie. L’essentiel du métier s’acquiert dans les ateliers possédant encore le savoir-faire.