Emaillage sur lave

Rareté faible
Formation de petit flux
Pierre / matériau d'origine minéral
Spécialiste des arts du feu et de la pierre, l’émailleur sur lave fabrique des plaques ou des objets, en lave émaillée inaltérable. Il intervient dans les domaines de la décoration d’intérieur et d’extérieur, de l’aménagement urbain ou dans la création de plateries, bijoux, éléments de mobilier...

Description du savoir-faire

  • C’est le comte Gilbert Joseph Gaspard Chabrol de Volvic (1773-1843), alors Préfet de Seine (autrement dit maire de Paris aujourd’hui), qui est à l’origine des essais d’émaillage de roches volcaniques en 1825-1826. On a d’abord fait des essais d’émaillage de la domite (roche qui servait notamment à fabriquer des briques pour la construction des fours de boulangers), avant de faire des essais sur la trachyandésite de Volvic (dite pierre de Volvic ou lave de Volvic) provenant du bassin de Volvic (Puy-de Dôme).

    L’exploitation de cette technique s’est d’abord développée à Paris et en proche banlieue. Une à deux entreprises, suivant les époques, se sont consacrées à cette pratique, notamment dans la perspective de réintroduire la décoration polychrome dans l’architecture civile et religieuse. En 1827, Ferdinand Mortelecque (1774-1844) produira une tête de vieillard considérée comme la première « peinture en émail sur lave » Les noms de Hachette père et fils, Manufacture Hachette et Cie, Jacques Ignace Hittorff (1792-1867), Pierre-Jules Jollivet (1794-1871), François et Eugène Gillet sont à retenir si l’on veut citer les précurseurs.

    L’œuvre la plus marquante de cette aventure sera le décor extérieur de l’Église Saint Vincent de Paul à Paris…posé en février 1860, déposé en mars 1861 …et finalement reposé entre 2009 et 2011 !

    Mais il nous faut évoquer également l’intérêt que portera l’architecte Art Nouveau Hector Guimard (1867-1942) à ce produit qu’il utilisera notamment pour les débouchés du métro parisien. Et, plus près de nous, l’entreprise Michelin qui produira (jusqu’en 1970) des éléments de signalétique pour les routes (panneaux, bornes, bornes d’angle…)

    Ce n’est qu’en 1913 que l’entreprise Gillet cède la partie lavé émaillée industrielle à Maurice Seurat établi à Saint-Martin-près-Riom (Puy-de-Dôme) : la production de lave émaillée en Auvergne commence pratiquement à cette date. L’Usine de Saint Martin fabriquera notamment  de très nombreuses tables d’orientation et  formera quelques émailleurs dont certains s’installeront à leur propre compte (Jean Borel, Paul Corriger…par exemple) et feront « école ».

  • L’émaillage sur lave offre de nombreuses applications. Utilisé aussi bien dans la décoration et l’ornementation architecturale, comme l’aménagement de plans de travail ou le décor de façades de bâtiments, que dans la signalétique, il trouve également sa place dans l’art funéraire, le mobilier urbain et la création artistique. Les émailleurs sur lave collaborent ainsi avec des architectes, des designers, des artistes et des industriels.

    L’émailleur sur lave ne traitait jusqu’à encore récemment que des surfaces planes. Depuis quelques années, on le voit émailler de petits  et moyens volumes.

  • La pierre utilisée est principalement de la lave de Volvic (dite aussi pierre de Volvic), mais on peut émailler de la lave du Mont-Dore, de la lave de Chambois,…de la lave de La Réunion, de la lave du massif de l’Eifel en Allemagne, de la lave de l’Etna en Italie…

    Il n’existe pas d’émaux spécifiques pour émailler de la lave : on utilise des émaux conçus pour émailler de la tôle, des céramiques, des terres cuites.

    L’émailleur sur lave utilise aussi des oxydes et couleurs à peindre.

    L’atelier type de l’émailleur sur lave comporte généralement une petite scie à disque diamanté, un petit outillage électrique de façonnage (matériel de perçage, de ponçage…), un châssis d’insolation ultraviolet (pour travaux en sérigraphie), une cabine d’émaillage équipée d’un pistolet à peindre (avec compresseur) et d’un système d’extraction, un four, parfois un petit four d’essai, et du petit outillage (outils de dessin et de découpe (fabrication de pochoirs, pinceaux, poires…)

  • L’émailleur sur lave choisit d’abord sa pierre en fonction des besoins de sa commande ou de son projet de réalisation. Il la fait débiter ou la débite lui-même aux dimensions requises. Puis il la lave, la dépoussière. Éventuellement il la façonne si nécessaire (travail des chants par exemple). Puis il pratique généralement ce qu’on appelle le bouchage des pores de la lave pour obtenir une surface la plus lisse possible, au moyen d’un mélange pâteux qu’il achète prêt à l’emploi ou fabrique lui-même. Généralement une première cuisson suit cette opération.

    Viennent ensuite les opérations d’émaillage. Selon le résultat recherché, l’émailleur peut déposer un émail de fond sur toute la surface de sa plaque ou de son volume. Email de fond qu’il fera cuire avant d’intervenir pour la partie décoration faisant appel à diverses techniques possibles (pistolet s’il s’agit de réaliser un coloris uni de fond, report de texte et dessin, sérigraphie, pochoirs, décalcomanies…). Une nouvelle cuisson viendra finaliser la réalisation.

    Partant de la lave bouchée, mais aussi éventuellement de la lave brute, il peut également réaliser des décors en cloisonné en remplissant les surfaces à émailler au pinceau ou à la poire.

Environnement économique

    En France, si la lave émaillée provient essentiellement d’Auvergne, les émailleurs sur lave sont répartis sur l’ensemble du territoire. L’IMAPEC recense entre 120 et 130 entreprises, toutes tailles confondues, de l’entreprise industrielle à la PME, en passant par l’atelier d’artisanat d’art. 

    L’émailleur sur lave peut exercer son métier au sein d’une entreprise comme salarié, ouvrier spécialisé, chef d’atelier, chef de décoration, etc. Il peut aussi être travailleur indépendant, comme micro-entrepreneur ou artisan d’art. La diversité des productions implique une clientèle étendue, du groupe industriel au particulier.

Formation

    Formation initiale

    Il n’existe pas de formation initiale (voie scolaire) pour le métier d’émailleur sur lave.

    Formation continue

    Le titre d’Émailleur sur lave (niveau 4), dispensé par le seul organisme de formation à l'émail sur lave l'IMAPEC, est en cours de renouvellement.