Fabrication de carreaux de terre cuite
Description du savoir-faire
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Le travail de l’argile dans la multiplicité de ses fonctions (briques, tuiles, carreaux, poteries, sculptures…) est le produit d’un savoir-faire millénaire mêlant terre, air, eau et feu. Parfois utilisée crue (c’est-à-dire simplement séchée au soleil), sa cuisson lui permet toutefois de devenir un matériau pérenne, à la fois plus solide, plus souple dans ses utilisations et qui résiste mieux aux intempéries.
La terre cuite est un des plus anciens matériaux artificiels de construction. Dès l’Antiquité, l’utilisation des carreaux de terre cuite connait un essor important, tout particulièrement durant la civilisation romaine qui fut précurseur dans la décoration des sols et des murs à partir de carreaux de terre cuite. Ainsi de l’opus romain, assemblage complexe de dalles carrées et rectangulaires, petites et grandes.
Les premiers dallages de carrelage apparaissent en France à partir du VIIIe siècle dans les édifices religieux : grandes églises, collégiales, abbatiales, cathédrales d’abord, puis bâtiments conventuels, églises paroissiales, et enfin bâtiments civils, palais et châteaux. Au XIIe siècle se répand la mode des carreaux de terre cuite vernissés qui sont employé pour décorer les sols et les isoler de l’humidité. Il faut attendre le XVIIIe siècle pour les sols des maisons bourgeoises se recouvrent de carreaux de céramique, tandis qu’au XIXe siècle, la Révolution industrielle permet la fabrication des terres cuites révolutionnées qui démocratisent l’utilisation de ces carreaux dans les foyers.
En Provence, on trouve une production toute particulière (notamment autour des villes d’Apt et Salernes) de carreaux en terre cuite rouge, de forme hexagonale, parfois émaillée, appelés tomettes. La fabrication sous cette forme, qui ne laisse quasiment pas de joint, avait pour but de répondre à la baisse du pouvoir d’achat, conséquence de la crise économique de 1829.
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La fabrication artisanale de carreaux de terre cuite permet de réaliser plusieurs formes et d'aspect différents : tomettes, pavés, carreaux flammés, émaillés...
Ces carreaux sont utilisés autant pour la restauration de patrimoine bâti que dans l'architecture contemporaine.
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Les carreaux de terre cuite sont fabriqués à partir de terres argileuses, la plupart du temps extraites dans des carrières à ciel ouvert à proximité des lieux de production. Selon la carrière d’extraction, il peut être nécessaire d’entreposer la terre sans la travailler pendant une période plus ou moins longue durant laquelle elle subira le gel, les pluies... Cette phase de pourrissage favorise la fermentation des matières organiques présentes dans la terre et peut faciliter les opérations ultérieures.
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Afin d’affiner la terre, le fabricant de carreaux utilise un ou plusieurs broyeurs afin de casser les mottes d’argile. Le broyeur à marteau concasse l’argile par plusieurs marteaux en acier fixés sur un axe tournant à très grande vitesse, permettant d’obtenir une première mouture assez grossière. Un broyeur à cylindres vient ensuite broyer entre deux cylindres en acier cette première mouture afin d’obtenir une poudre d’argile très fine. Une fois broyée, l’argile est humidifiée puis pétrie mécaniquement afin d’obtenir une pâte homogène et malléable adaptée au façonnage des carreaux.
Les carreaux peuvent être fabriqués par moulage manuel. Dans un cadre en bois ou en métal, la terre encore humide est tassée à l’aide d’un maillet. L’excédent de terre est retiré avec une corde à piano, la surface lissée avec un platoir et les bords adoucis au doigt.
Mais dans la plupart des cas, les carreaux sont fabriqués mécaniquement au moyen de deux techniques : par pressage ou par étirage. Dans le premier cas, la pâte est introduite dans les alvéoles d’une presse à haute pression pour obtenir après pressage des carreaux au format souhaité. Dans le second cas, la pâte est poussée par une vis sans fin au travers d’un orifice spécial, appelé filière, qui donne sa forme aux carreaux. Le pain d’argile ainsi obtenu est ensuite coupé au moyen d’un fil d’acier à la dimension souhaitée.
Avant la cuisson, les carreaux de terre crue sont mis à sécher, soit à l’air libre (le temps de séchage dépendant alors de l’humidité de l’air ambiant et de l’épaisseur des carreaux), soit en air pulsé : dans un séchoir fermé, on propulse de l’air chaud brassé par des ventilateurs ce qui permet de réduire considérablement le temps de séchage.
La cuisson des carreaux de terre se fait à une température entre 1000 et 1400° C. Le cycle de cuisson particulièrement long dure généralement 24 heures : la chaleur doit augmenter puis diminuer graduellement pour éviter tout risque de fissures. Auparavant doux, friable et sans tenue, le carreau de terre cuite devient dur et résistant une fois cuit, tandis qu’il acquiert sa couleur définitive en fonction du mélange de terre et de sa place dans le four.
Les carreaux de terre cuite peuvent être ensuite émaillés. Par immersion ou aspersion, les carreaux déjà cuits sont recouverts d’une couche d’émail (composée de différents minéraux et oxydes) qui se vitrifie lors d’une deuxième cuisson et leur donne leur couleur.
Formation
Il n'existe pas de formation spécifique à la fabrication de carreaux, mais les formations dans le domaine de la céramique permettent d'apprendre à travailler la matière.