Fabrication de chaîne de bijouterie

Rareté élevée
Absence de diplôme ou certification
Absence de formation
Faible nombre de détenteurs
Métal
À partir d’un métal précieux enroulé sur un mandrin puis coupé avec une lame de scie, le chaîniste fabrique des chaînes d’anneaux métalliques fermés par soudure. Il peut aussi les réaliser par fonte à la cire perdue.

Description du savoir-faire

  • L’histoire de la chaîne remonte à 3 500 ans avant J.C. Les premiers maillons auraient été créés par les Sumériens, peuple vivant en Mésopotamie, à partir d’une technique apparentée au point de tricot. Depuis, la spécialité bijoutière de la chaîne n’a cessé de croître et connaît son apogée au XIXème siècle, sous le second Empire, avec la chaîne de montre ou encore la chaîne composée de pendeloques pour les femmes.

    Aujourd’hui, la chaîne est un bijou à part entière qui se porte autour du cou ou du poignet. Les formes et les modèles sont infinies : ornées de pierres précieuses ou de perles, en or ou en argent massif, agrémentées d’un pendentif, avec des mailles jaseron (anneaux ronds), forçat (anneaux ovales) ou encore la gourmette (anneaux ronds ou ovales tordus), la maille miroir, la corde ou la torsade.

  • Le chaîniste est un bijoutier spécialisé dans la fabrication des chaînes d’anneaux en métaux précieux. Il maîtrise toute les étapes de transformation qui conduisent à la réalisation d’une chaîne : du lingot d’or fin au produit fini en passant par la fabrication de fils d’or et sa transformation.

  • Plusieurs techniques peuvent être utilisées pour fabriquer une chaîne.

    La première est le travail dit « à la main », travail de la matière à partir d’un lingot d’or vers un fil. Cette technique est considérée comme le véritable savoir-faire du métier de chaîniste. 

    La première étape de fabrication consiste à faire fondre le métal puis à l’insérer dans une lingotière pour former un lingot. Le chaîniste va ensuite « tirer un fil » à partir de filières, plaques d'acier percées de plusieurs trous, par lesquels on fait passer les métaux pour les réduire en fils. Les fils sont alors tirés grâce à un « banc à étirer » qui peut être automatique ou manuel. Ils sont ensuite laminés à l’aide de rouleaux de laminoir puis recuits afin de retrouver les propriétés physiques et chimiques initiales et permettre ainsi leur mise en forme.

    Suivant la forme souhaitée, le chaîniste sélectionne un mandrin, masse métallique, et enroule le fil autour afin de donner une forme identique à tous les maillons. Ceux-ci sont ensuite détachés à l’aide d’une scie à métaux puis emmaillés et assemblés par soudure. Ils peuvent être engagés les uns dans les autres (chaînons) ou articulés entre eux (maillons). Le chaîniste s’attache ensuite au rattrapage de la soudure et à la mise en forme de la chaîne afin de lui donner « un pas » (un sens), pour ensuite la « dévriller » en assurant une flexibilité totale de la maille afin qu’elle ne se contrarie plus au portée. Enfin, la chaîne passe au polissage pour faire disparaître les traces laissées par les outils et obtenir un état de surface de haute qualité.

    La fabrication des mailles de chaînes peut être réalisée en utilisant une autre technique dite « à la fonte »

    A partir d’un modèle de maille en métal, le chaîniste réalise un modèle en cire, puis il monte les cires en « arbre » d’injection qui sera par la suite coulé dans un réceptacle de plâtre, lui-même mis à l’épreuve de haute température. La cire fondue, elle, forme des cavités destinées à recevoir l’or en fusion pour reproduire la forme des mailles originelles. L’or en fusion injecté, on obtient un arbre d’or composé de mailles qui sont ensuite emmaillées.

Environnement économique

    Berceau historique de l’activité de chaîniste, la ville de Besançon a vu disparaître peu à peu les entreprises qui travaillaient à façon. Elles se sont industrialisées en se transformant en fabrique de chaînes en série. 

    Aujourd’hui il s’agit d’un métier rare qui concerne quelques personnes entreprises comme Art et Or – Jean Claude Artero. La clientèle se compose de particuliers et d’entreprises de bijouterie joaillerie et horlogerie (grossistes, marques joaillières, ateliers indépendants). Dans le cadre de commande spécifique comme la réalisation d’une chaîne incrustée de diamants ou d’une chaîne agrémentée d’un pendentif monté de pierres précieuses, le chaîniste travaille en collaboration avec les lapidaires et diamantaires.

Formation

    Il n’existe aucune formation initiale ni aucune formation professionnelle continue spécifique. Les techniques de travail du chaîniste peuvent néanmoins être abordées dans les domaines spécifiques tels que la bijouterie ou l’horlogerie.