Fabrication de feuillard
Description du savoir-faire
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Autrefois très répandue de nombreuses régions françaises, la fabrication de feuillards a décliné avec l’avènement des cercles métalliques pour tonneaux à la fin du XIXe et du début du XXe siècle.
L’activité connaît son apogée entre 1880 et 1920. À cette époque, les feuillardiers sont nombreux et travaillent souvent comme paysans complétant leurs revenus en hiver. Le travail restait cependant fastidieux et mal rémunéré. Face à ces conditions, les feuillardiers s’organisent collectivement : dès 1893, ils créent un syndicat qui regroupe environ 1 500 membres, constituant une des formes les plus importantes d’organisation professionnelle rurale avant la Première Guerre mondiale. À partir de 1899, plusieurs grèves sont menées pour obtenir de meilleurs salaires.
Source :
Sabine Jeannin, Dans le Périgord-Limousin, sur la piste des feuillardiers, L’Humanité, 23 avril 2022, https://www.humanite.fr/vie-quotidienne/decouverte/dans-le-perigord-limousin-sur-la-piste-des-feuillardiers-746801 -
Le métier de feuillardier (ou cerclier) consiste à fendre de jeunes tiges de châtaignier (ou de saule) pour fabriquer des feuillards – de fines lattes souples. Ployées en cerceaux, ces lattes servent principalement au cerclage des tonneaux, à la place ou en complément des cerclets métalliques.
Le travail des feuillardiers participe également à l’entretien des taillis de châtaigniers, très présents dans le sud-ouest, en Périgord et Limousin, à travers des coupes tous les 3-4 ans. Ces taillis incarnent un patrimoine naturel local. La coupe des jeunes pousses par le feuillardier, « à blanc » favorise la pousse de nouveaux rejets drus pour un nouveau cycle. Sans cet entretien, les bosquets de jeunes pousses disparaîtraient.
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Les feuillards sont généralement façonnés à partir de jeunes pousses de châtaignier, un bois solide, résistant à l’humidité, mais facile à fendre.
Le feuillard peut aussi être en saule, mais il est alors plus fragile.
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Le feuillardier commence par récolter de jeunes rejets de châtaigniers dans les taillis environnants, en changeant chaque année d’emplacement pour favoriser la repousse. Il sélectionne des tiges droites, de 3 à 4 m de long, appelées perches ou gaulettes. Il ébranche manuellement les tiges avec une serpe, c’est-à-dire qu’il enlève les rameaux secondaires. Cette étape se fait généralement en hiver, au moment où la sève est moins active et les perches dénudées de leur feuillage.
Les tiges récoltées font quelques centimètres de diamètre. Il faut ensuite les fendre en deux sur leur longueur. Cette fente, entamée à la serpe, se pratique avec un simple coin de bois planté dans le banc du feuillardier.
Les tiges ne sont pas écorcées, il est très important de conserver la pellicule extérieure – la « fine peau » - pendant tout le façonnage, afin de garantir une bonne résistance finale et l’esthétique propre au cerclage en bois.
Les éclisses, appelées aussi demi-perches ou feuillards bruts, sont ensuite préparées. Avec une plane - un grand couteau à deux poignées - le feuillardier pare l’intérieur de l’éclisse pour ajuster son épaisseur : elle doit être identique sur toute la longueur. L’épaisseur finale est généralement d’un centimètre, mais peut varier en fonction de la demande du tonnelier.
Les éclisses sont courbées à l’aide d’une cintreuse mécanique, afin de leur donner une forme circulaire. La latte est placée dans un gabarit et pliée progressivement à froid jusqu’à former un cerceau de diamètre voulu. Les feuillards sont ainsi garni dans le moule et au nombre de 24, forment une couronne ou meule.
Environnement économique
Il n’existe plus que quelques dizaines de feuillardiers en France, et peu en font leur activité principale. Liés à la présence de forêt de châtaigniers, ils sont situés essentiellement en Nouvelle-Aquitaine (Périgord et Limousin). Leur clientèle est principalement constituée de tonnelleries pour la production de barriques et tonneaux haut-de-gamme.
Si le métier a failli disparaître, il connaît aujourd’hui un regain d’intérêt. Des acteurs locaux s’organisent pour relancer cette filière artisanale jugée essentielle tant pour ses débouchés que pour la préservation des taillis de châtaigniers et du patrimoine culturel associé. Ainsi, en Dordogne, l’Association des feuillardiers du Périgord (créée en 2019) travaille avec les collectivités et d’anciens professionnels pour transmettre les gestes et recréer un réseau entre tonneliers, propriétaires de taillis et jeunes apprenants.
Formation
Il n'existe aucune formation à ce savoir-faire, qui s'acquiert uniquement auprès de professionnels.
L’association des feuillardiers du Périgord travaille actuellement sur la transmission de ces savoir-faire.