Fabrication de formes en bois à chapeaux ou chaussures

Rareté élevée
Absence de diplôme ou certification
Absence de formation
Faible nombre de détenteurs
Bois
Le formier sculpte des blocs de bois de tilleul, de charme ou de hêtre à partir de dessins, modèles ou sparteries, pour réaliser toutes formes – à chapeaux, bords, calottes et autres – pour les modistes, chapeliers, bottiers, gantiers, etc.

Description du savoir-faire

  • Le métier de formier est apparu au XIXe siècle, en raison du développement du chapeau féminin aux formes recherchées et asymétriques. Installés près des centres de production industrielle ou à Paris, le nombre de formier était encore important après-guerre. Puis la crise de la chapellerie, conjuguée à l'essor du formage mécanique sur moules en aluminium, a entraîné le déclin de la profession. Bien que l'on observe aujourd'hui un regain d'intérêt pour le chapeau, la fabrication de formes est peu répandue en France.

  • Indissociable du chapelier et du modiste, le formier fabrique des moules et de l’outillage en bois utilisés pour façonner certains modèles. Cela nécessite de connaître l’histoire du chapeau, les différentes formes de chapeaux (bérets, toques, capelines, canotiers, casquettes…) et les différents styles et époques.

    La fabrication sur-mesure permet de réaliser des formes complexes, adaptées à la morphologie du client. Pendant longtemps, il s’agissait d’interpréter les demandes des créateurs et de reproduire une même forme selon plusieurs tailles ; mais aujourd’hui le métier intègre davantage de conception, avec la suggestion de nouveaux modèles et de solutions techniques adaptées aux projets.

    Pour la fabrication de formes à destination des bottiers, le formier est également appelé « embauchoiriste ».

  • Le formier utilise principalement des blocs de bois notamment du tilleul, un bois tendre qui se caractérise par une bonne résistance à la chaleur et à l’humidité. L'absence de tanins permet également d'éviter de tacher le feutre au contact du bois.
    De nos jours, le samba, un bois exotique originaire d’Afrique de l’Ouest, est également utilisé en raison de sa légèreté, qui facilite le travail de façonnage. Toutefois, le tilleul demeure privilégié pour la réalisation de formes évoluées et durables.

  • En chapellerie, pour réaliser la forme souhaitée par le client, le formier peut partir d’un croquis de styliste accompagné de quelques indications ou réaliser ses propres dessins. Il doit alors développer dans l’espace le volume du futur moule. 

    Le bloc de bois est préparé en dessinant des repères au crayon. Puis il est dégrossi à la scie à ruban en suivant les grandes lignes de la forme à obtenir pour avoir un volume général. Le dégrossissage s’effectue « à la volée », sur des pièces arrondies, parfois sans appui stable, ce qui demande une grande maîtrise.

    Ensuite, la forme dégrossie est sculptée à l’aide de gouges, ciseaux pour affiner les volumes et travailler les courbes. Tout au long, les mesures sont reportées sur la forme. 

    La forme est ensuite reprise avec un wastringue (outil pour raboter les formes courbes) et une râpe pour unifier la surface. Enfin la forme est poncée pour éliminer toute aspérité, puis vernissée, afin de permettre le travail du chapelier et faciliter le démoulage (ou « déquillage ») du chapeau.

    Pour fabriquer une forme pour des chaussures, le formier a besoin des proportions de chaque pied. La forme générale est réalisée par tournage sur bois, puis le contre-pied et la cambrure (notamment pour les chaussures femmes). Il utilise également un wastringue, différentes râpes et grattoirs pour finaliser la forme.

    Les embauchoirs sont des formes destinées à garder la forme d’origine de la chaussure une fois finie. L’embauchoir peut être d’une seule pièce ou scier pour faciliter l’insertion dans la chaussure. Pour une botte, l’embauchoir sera en plusieurs parties : l’emboitant pour le pied, et pour la jambe une partie centrale, une partie arrière, et une clé au centre venant fermer l’ensemble.

     

Environnement économique

    Si jusqu’au milieu du XXe siècle, les formiers pouvaient travailler au sein de manufactures, avec des productions importantes, actuellement ils travaillent en tant qu’indépendants, pour des petites séries ou des pièces uniques ou intégrés à des maisons de mode.

    Les formiers travaillent essentiellement pour le secteur de la Haute-Couture et le monde du spectacle. Ils sont en contact direct avec les stylistes, mais aussi avec les modistes, les chapeliers et bottiers indépendants.

    Très peu sont spécialisés dans la fabrication des embauchoirs.

    Cette fiche a été réalisée avec la participation de l'Atelier-Musée du chapeau de Chazelles-sur-Lyon

Formation

    Il n'existe pas de formation spécifique à la fabrication de formes. Mais les connaissances en chapellerie et en botterie sont essentielles pour exercer le métier.