Fabrication de makhilas
Description du savoir-faire
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A l'origine, le makhila (ou makila, maquila ou maquilla) était un bâton de marche, adapté aux parcours de montagne, et utilisé principalement par les Basques. Les pélerins sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle ont également pu l'adopter, notamment en raison de son aspect défensif grâce à une pointe cachée dans le pommeau. Les premiers écrits attestant de son utilisation datent du XIXe siècle, mais son usage était certainement déjà courant depuis plusieurs siècles.
Source :Fiche d'inventaire du patrimoine culturel immatériel, La fabrication des makhilas, https://www.pci-lab.fr/fiche-d-inventaire/fiche/231-la-fabrication-des-makhilas-atelier-ainciart-bergara-a-larressore
"Histoire du makhila", Makhila Ainciart Bergara, https://makhila.com/histoire-du-makhila/ -
Les principaux matériaux utilisés sont le bois, le métal et le cuir.
Une grande attention et un temps long de préparation est consacré au bois. Il provient de néfliers, des arbustes poussant localement sur le territoire des Pyrénées-Atlantiques. Une incision est effectuée directement sur les pieds âgés d'une dizaine d'années, sur la longueur de la tige et selon des motifs précis, puis après six mois de cicatrisation, l'arbuste est coupé. Les tiges sont chauffées dans un four pour les écorcer (l'écorce est détachée de l'aubier), et les redresser. Le bois est mis à sécher pendant encore de longues années, avant d'être coloré. Le bois de néflier est dur, ce qui assure au makhila une résistance et une longue tenue dans le temps.
Le métal utilisé pour la partie haute du makhila peut être du laiton, de l'argent ou du maillechort (un alliage de cuivre, de nickel et de zinc). De la corne peut aussi être utilisée pour réaliser le pommeau.
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Composés d'une vingtaine de pièces, les makhilas sont fabriqués sur mesure. La tige de néflier est sélectionnée selon la morphologie de la personne (taille, poids). Elle est choisi dans le grenier des bois, étant mature pour devenir un makhila.
Une pique est insérée dans la partie haute du makhila, ajusté par forçage. Les viroles, larges pièces cylindriques, sont fixées sur la partie inférieure de la canne et la partie supérieure formée de la poignée et du pommeau. Elles sont découpées de manière tronconique dans des plaques métalliques selon le diamètre de la tige de néflier, puis mises en forme à l'aide d'un étau, de marteaux et de maillets, avant d'être jointes par brasure. Les viroles sont gravées, limées, guillochées, poinçonnées. Le décor est principalement composé pour la virole supérieure du nom de la personne, d'une devise, et de motifs traditionnels : croix basque, soleil, fougère... Chaque réalisation est unique. Des lanières de cuir sont tressées pour former la dragonne, ainsi que la tresse qui vient gainer la poignée sur certains modèles. Le pommeau est vissé pour dissimuler la pointe d'acier.
Environnement économique
Les makhilas ont de multiples destinations. Certains accompagnent les personnes dans leurs marches, promenades et randonnées. D'autres sont destinés à de grandes occasions : remise de diplômes, cérémonies, mariage, cadeaux diplomatiques, etc. Ils peuvent ainsi être offerts aux personnalités, comme les Présidents de la République ou chefs d’État étrangers.
La fabrication traditionnelle à la main est concurrencée par une production semi-industrielle avec des gravures à la machine, une taille standard, des montages peu qualitatifs. Cette production industrielle utilise aussi d'autres bois que le néflier.
Formation
Il n'existe aucune formation à ce savoir-faire, qui s'acquiert uniquement auprès de professionnels, dans les ateliers.