Fabrication de parapluies et d’ombrelles

Rareté élevée
Absence de diplôme ou certification
Absence de formation
Faible nombre de détenteurs
Multimatériaux
Le fabricant de parapluies, parasols, ombrelles travaille le bois (local ou exotique) pour fabriquer le fût de la canne et le mât du parapluie. Les poignées, décorées ou non, se prêtent à l’utilisation de matières diverses : corne, métal, nacre, ivoire… Le fabricant de parapluie œuvre enfin à la mise en forme du tissu, structuré par des baleines.

Description du savoir-faire

  • Parasol, ombrelle et parapluie ont longtemps coexisté sous des formes diverses, selon qu'ils protégeaient du soleil ou de la pluie. Le terme vieilli « en-cas » désigne également une ombrelle de grande taille pouvant éventuellement servir de parapluie.

    Leur invention remonterait à environ 2000 ans avant notre ère, ils seraient apparus simultanément dans plusieurs civilisations et notamment chez les Égyptiens et les Chinois. Dans l'Antiquité, les ombrelles servent principalement à se protéger du soleil et constituent également des attributs de prestige.

    À partir de la Renaissance, l'évolution des matériaux favorise progressivement l'utilisation de l'ombrelle comme protection contre la pluie. Des étoffes traitées à la cire ou à l'huile sont employées pour limiter la pénétration de l'eau. Au XVIIe siècle, l'emploi de toiles cirées participe à l'évolution des parapluies en France, en améliorant la résistance des couvertures textiles à la pluie. Ces procédés d'imperméabilisation sont ensuite perfectionnés, notamment grâce à l'emploi de taffetas de soie serré, parfois enduit de gomme, d'huile ou de cire.

    En France, une évolution technique importante intervient au début du XVIIIe siècle avec Jean Marius, inventeur d'un modèle pliant appelé « parasol-parapluye brisé à porter dans sa poche ». Sa monture articulée permet de replier l'objet en trois parties afin de le transporter plus facilement. Le 1er janvier 1710, Louis XIV lui accorde un privilège royal de fabrication d'une durée de cinq ans.

    Au XIXe siècle, parapluies et ombrelles deviennent des accessoires de mode particulièrement élaborés. Leur fabrication mobilise de nombreux savoir-faire spécialisés pour les montures, baleines, manches, poignées et couvertures textiles. L'emploi de l'acier marque une nouvelle évolution technique : en 1852, le Britannique Samuel Fox fait breveter des baleines en acier à profil en U, permettant d'alléger les montures tout en améliorant leur résistance.

    La fabrication française de parapluies a connu une importante activité industrielle et artisanale au début du XXe siècle. Aurillac constituait notamment l’un de ses principaux centres de production : jusqu’en 1928, plus d’un million de parapluies y étaient fabriqués chaque année.

  • Le fabricant de parapluies, parasols et ombrelles conçoit, fabrique, assemble et, selon les ateliers, répare des accessoires destinés à protéger de la pluie ou du soleil.

    La fabrication comprend notamment la préparation et l’assemblage de la monture, la coupe et la couture du tissu, sa fixation sur les baleines et les opérations de finition. Selon l’organisation de l’atelier ou de la manufacture, ces étapes peuvent être réalisées par un même professionnel ou réparties entre plusieurs métiers spécialisés. Par exemple, le carcassier travaille à l’assemblage de la monture, tandis que le coupeur ou la coupeuse prépare les différentes pièces de tissu.

  • Les matériaux varient en fonction des caractéristiques de chaque modèle et de l’usage (parapluie ou ombrelle).

    La couverture est réalisée dans différentes étoffes, notamment en soie, coton, lin, polyester ou polyamide, mais aussi taffetas, organzas, pongés de soie. Les matières naturelles, employées depuis plusieurs siècles, restent utilisées dans certaines fabrications artisanales contemporaines, notamment pour les ombrelles et les parapluies d'exception. Pour protéger de la pluie, les tissus peuvent recevoir un traitement imperméabilisant. 

    La structure associe un mât, des baleines et différents éléments d'articulation. Les baleines, autrefois réalisées notamment en fanons de baleine, en bois ou en jonc, sont progressivement fabriquées en métal, puis dans des matériaux plus récents, tels que l'aluminium ou la fibre de verre. Le bois reste utilisé pour certains mâts et poignées.

    Les poignées et les éléments décoratifs peuvent mobiliser d'autres matériaux, notamment la corne, la nacre ou, dans les pièces anciennes, l'ivoire. L'utilisation et le commerce de certaines matières d'origine animale sont aujourd'hui réglementés. Notamment, le commerce international de l'ivoire d'éléphant est encadré par la Convention CITES et, en France, soumis à des interdictions et à des dérogations strictement définies, notamment selon l'ancienneté et la nature de l'objet.

  • La fabrication d’un parapluie, d’une ombrelle ou d’un parasol repose sur des principes techniques communs, associant une monture articulée, des baleines et une couverture textile. 
    La monture est réalisée en premier. La noix, fixée dans la partie supérieure du mât, reçoit les baleines ; le coulant se déplace le long du mât et participe au mécanisme d’ouverture et de fermeture. Le nombre de baleines peut varier de 8 à 16.
    La couverture textile est réalisée à partir de plusieurs pièces de tissu découpées, de forme triangulaire appelées pointes puis assemblées par couture (coutures rabattues ou coutures en ganses avec biais). Elle est ensuite fixée et mise en tension sur la monture, opération appelée « arrêtage » ou « arrêtures », ou encore « glaçage », par un procédé de déformation à la vapeur.
    La dernière étape concerne la réalisation des finitions et la pose des différents éléments comme la poignée. 
    La restauration d’un parapluie ou d’une ombrelle ancienne vise à consolider l’objet en respectant autant que possible ses matériaux et ses techniques d’origine. Elle peut nécessiter de stopper ou rentoiler des soies brodées, restaurer des cotons ou des lins, redoubler des dentelles anciennes ou intervenir sur les fanons, les montures métalliques, les mâts et les manches.
    Selon les éléments à restaurer, le professionnel peut faire appel à d’autres métiers spécialisés, notamment des doreurs, émailleurs, écailleurs, graveurs, tourneurs ou sculpteurs.

Environnement économique

    Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la production française a fortement décliné face à l’évolution du marché et au développement des produits fabriqués à l’étranger. Si le nombre actuel de fabricants artisanaux de parapluies, parasols et ombrelles en France n’est pas établi, des manufactures et ateliers continuent de perpétuer ce savoir-faire. Un seul atelier fabriquerait encore des ombrelles.
    Ils répondent principalement aux besoins des particuliers ou réalisent des pièces sur mesure. Certaines maisons ou ateliers spécialisés travaillent pour la haute couture, le théâtre, le spectacle et le cinéma. Certains professionnels interviennent également dans la restauration de parapluies et d’ombrelles anciens pour des particuliers, des collectionneurs ou des institutions patrimoniales.

Formation

    Il n’existe aucune formation initiale, ni aucune formation professionnelle continue pour ce métier.