Fabrication de pastels

Rareté élevée
Absence de diplôme ou certification
Absence de formation
Faible nombre de détenteurs
Autre
Augustin Detienne
Traditionnellement, les pastels secs sont fabriqués à partir d’un liant et de pigments en poudre, pesés, mouillés, puis broyés. La pâte est ensuite pressée afin d’obtenir une texture pouvant être façonnée à la main sous la forme de bâtonnets qui sont ensuite mis à sécher.

Description du savoir-faire

  • L’invention du pastel se situerait à la fin du XVe siècle, avec le peintre Jean Perréal qui aurait enseigné la technique à Léonard de Vinci.
    Le XVIIIe siècle marque l’âge d’or de ce qu’on appelle la peinture au pastel, en particuliers pour la réalisation de portraits. Des artistes, comme Maurice-Quentin de La Tour et Elisabeth Vigée Le Brun, excellent alors dans ce genre.
    Léger, le pastel facilite le travail en pleine nature. Au XIXe siècle, les artistes l’utilisent sur de nouveaux sujets : paysages, art animalier, scènes intimistes. Certains impressionnistes l’affectionnent, comme Edgar Degas.
    À la fin du XIXe siècle, le pastel connaît une nouvelle transformation sous l’impulsion des symbolistes. Odilon Redon en devient la figure emblématique.
    Sources : 
    L’art du pastel de Degas à Redon, Petit Palais, août 2017.
    Qu’est-ce que le pastel, musée d’Orsay, https://www.musee-orsay.fr/fr/articles/quest-ce-que-le-pastel-219369 
     

  • La fabrication artisanale de pastels consiste avant tout à proposer des couleurs destinées à la pratique artistique contemporaine. Les fabricants utilisent des pigments fournis par des producteurs spécialisés. Dans le cas des maisons historiques, cette activité s’accompagne de la volonté de préserver des couleurs emblématiques, propres à ces maisons depuis leur création. Ces recettes anciennes peuvent toutefois évoluer légèrement afin de s’ajuster aux variétés de pigments proposées par les fournisseurs.

    Certains fabricants de pastel, dans une démarche éco-responsable, récupèrent les bâtonnets cassés, ou non qualitatif, pour les réduire en poudre et fabriquer de nouveaux bâtonnets.

  • Les pigments utilisés sont généralement des pigments minéraux ou organiques, et quelque fois d’origine végétale ou animale : 

    • Les pigments minéraux : ocres, oxydes de fer, bleus et violets outremer, verts et bleus de cobalt…
    • Les pigments organiques : bleu et vert de phtalocyanine, rouge de pyrrole, …
    • Les pigments végétaux : laque de garance, bleu indigo, sang de dragon…
    • Les pigments animaux : cochenille broyée (roses et violets), noir d’os,…

    Les pigments évoluent au cours du temps, au fil des découvertes scientifiques ou de la découverte de leur toxicité. La fin du XIXe siècle a par exemple vu exploser le nombre de pigments issus de l’ère industrielle, alors que le XXe siècle a vu l’usage de certains pigments interdits pour leur toxicité (en particulier ceux à base de plomb, de mercure ou d’arsenic). Aujourd’hui, certains pigments à base de métaux lourds (cadmium, cobalt) sont soumis à observation.
     

    Les liants utilisés dans la fabrication de pastels peuvent être de la gomme arabique, de la gomme adragante ou des recettes particulières à chaque fabricant.
     

  • Dans la fabrication traditionnelle des pastels secs, les pigments en poudre sont pesés puis traités séparément : d’un côté la couleur, et de l’autre une base blanche composée d’un mélange de craie, carbonate de calcium, kaolin ou d’autres argile blanche. 

    On ajoute ensuite de l’eau afin d’obtenir une première pâte, qui est traditionnellement broyée pour affiner encore les pigments et rendre l’ensemble parfaitement homogène. Aujourd’hui, seuls quelques rares fabricants broient encore la pâte.

    La nature du liant peut varier afin de modifier la texture du pastel, le rendant plus sec ou plus gras selon l’effet recherché : les pastels dits tendres sont plus riches en pigments, s’étalent facilement, mais ils sont plus friables, tandis que les pastels durs et demi-durs sont plus solides et permettent la réalisation de lignes mieux définies, au risque du sacrifice de l’intensité de la couleur.

    Traditionnellement, lorsque la couleur et le blanc sont traités séparément, les nuances sont obtenues en pâte liquide en mélangeant la pâte colorée et la pâte blanche en différentes proportions pour obtenir toute une gamme de dégradés. Aujourd’hui, la majeure partie des fabricants ont des recettes pour chaque nuance, le blanc étant incorporé dès la pesée des pigments.
    Pour les fabricants qui broient leurs couleurs (ce qui requiert une pâte plus liquide), une fois la couleur définie, la pâte est pressée pour éliminer l’excès d’eau et obtenir une pâte malléable.

    A l’origine, le façonnage était systématiquement effectué à la main, les bâtonnets étant modelés et roulés individuellement, puis coupés à longueur requise. Au XIXe siècle, dans un but d’efficacité, des extrudeuses sont venues compléter ce mode fabrication, permettant de former un long bâton uniforme qui peut ensuite être coupé en bâtonnets réguliers. Aujourd’hui, certains fabricants utilisent par ailleurs des moules.

    Les bâtonnets peuvent  éventuellement être marqués, avant d’être mis à sécher à l’air libre pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Certains fabricants utilisent aujourd’hui un dessiccateur afin d’accélérer le processus.

Environnement économique

    Les ateliers de fabrication de pastels sont de petits ateliers, de quelques personnes. Moins de cinq entreprises pratiquent ce savoir-faire en France.
    La clientèle est principalement constituée d’artistes ; professionnels ou amateurs, et occasionnellement les restaurateurs d’art.
    Une partie des ventes est réalisée à l’étranger, où l’art du pastel est répandu, notamment aux Etats-Unis.

Formation

    Il n'existe aucune formation à ce savoir-faire, qui s'acquiert uniquement auprès de professionnels.
    Des connaissances en chimie, en arts graphiques, ainsi que la théorie de la couleur peuvent néanmoins s’avérer utiles. Les pigments étant en constante évolution, cela requiert une adaptation permanente des artisans, qui ont besoin d’adapter leurs processus aux nouvelles caractéristiques des pigments.

Illustrations