Fabrication de tapis au point noué

Rareté modérée
Faible nombre de détenteurs
Formation de petit flux
Textile / Fils
Le tapis dit « de Savonnerie » consiste à nouer les fils de trame autour des fils de chaîne sur un métier de haute-lisse puis les couper en leur extrémité pour former un velours.

Description du savoir-faire

  • En France, le savoir-faire de fabrication de tapis noué trouve son origine au début du XVIIe siècle. Henri IV fonde une manufacture de tapis « façon de Perse et du Levant », en s’appuyant notamment sur les connaissances de Pierre Dupont. Puis sous Louis XIII, les ateliers sont installés dans une ancienne fabrique de savon située à Chaillot, à Paris. C’est de ce lieu que provient le nom de « Savonnerie », aujourd’hui associé à la technique du tapis au point noué.

    Au fil des siècles, la Manufacture de la Savonnerie produit des tapis destinés aux résidences royales, aux grands décors nationaux et à des commandes prestigieuses. Depuis le XXe siècle, elle est également mise au service de la création contemporaine, avec des modèles conçus par des artistes, architectes et designers.

  • Le lissier, appelé aussi "velouteur" ou "velouteuse", fabrique un tapis en interprétant généralement une œuvre d'artiste.
    Les tapis peuvent être ensuite exposés au sol ou en décoration murale.

  • Le lissier travaille principalement la laine, parfois associée à la soie selon les ouvrages. La chaîne est traditionnellement en laine et constitue la structure verticale du tapis.

    L’armature horizontale est réalisée à l’aide de fils de lin, utilisés sous forme de duites et de trames destinées à bloquer les nœuds et à renforcer la solidité de l’ensemble.

  • Le tapis noué est réalisé sur un métier de haute lisse, c’est-à-dire un métier vertical. Le lissier travaille sur l’endroit du tapis, en contre-jour, le carton placé au-dessus de lui.

    Le lissier noue les fils de trame à la broche autour des fils de chaîne selon la technique du point noué, également appelé nœud turc ou ghiordès. Le nœud est formé sur l’envers et la boucle apparaît sur l’avant.
    Lorsqu’une rangée est achevée, il exécute une duite de fil de lin double puis une duite de fil de lin simple qui sera descendu au moyen d’un peigne pour lier les fils de chaîne. Ces fils de lin constituent l’armature horizontale du tapis.

    L’ensemble est tassé au peigne afin de bloquer les nœuds et de consolider la structure. Les boucles sont ensuite coupées et égalisées lors de la « tonte » pour faire apparaître le velours. Le lissier utilise des ciseaux courbes et une planchette de bois, ou « gabarit » afin d’obtenir une hauteur régulière. 

    Pour finir, le lissier démêle les poils obtenus et les « range » à la pointe du ciseau pour homogénéiser le dessin.

Environnement économique

    L’activité est principalement représentée par la manufactures de la Savonnerie à Paris ainsi que l’atelier national de Lodève (annexe de la Savonnerie).

    Après une désaffection pour les tapis noués à la main, une clientèle privée très aisée, et souvent étrangère, se tourne à nouveau vers ces œuvres raffinées. Cette renaissance a eu lieu à la fin des années 1970 avec l’apparition du concept de tapis d’auteur originaux ainsi que le rôle nouveau des décorateurs d’intérieur.

Formation

    Formation initiale

    Niveau 3
    - CAP arts du tapis et de la tapisserie de lisse, 2 ans.
    Niveau 4
    - BMA art et techniques du tapis et de la tapisserie de lisse, 2 ans.

    Le savoir-faire du tapis au point noué est intégré au référentiel de ces diplômes, néanmoins seul le Mobilier National dispense une formation spécifique à ce savoir-faire.

    Formation professionnelle continue

    Des formations non diplômantes, de durées variables, permettent de suivre une initiation ou un approfondissement.