Gaufrage sur papier

Rareté élevée
Absence de diplôme ou certification
Absence de formation
Faible nombre de détenteurs
Papier
Papier gaufrés et plaques de gaufrage © Clément Vinot-Battistoni
Le graveur et imprimeur en gaufrage réalise une gravure en creux et inversée sur laquelle il presse le papier afin d’y imprimer la forme en relief. Suivant sa complexité, la gravure peut être réalisée à l’aide de machines ou à la main.

Description du savoir-faire

  • Dès le XVIe siècle, le gaufrage était utilisé par les relieurs afin d’orner les ouvrages littéraires. Oublié pendant un temps, il réapparaît sur papier au XIXe siècle en Angleterre puis en Allemagne à partir de 1834 où les frères Bauerkeller l’utilisent en typographie, avant de créer des cartes en relief appelées « géomontographies »1.

    Mais parallèlement, la technique du gaufrage connaît un essor au début du XVIIIe siècle dans le domaine de la décoration intérieure lorsqu’un dénommé Chandelier met au point la technique des cylindres gravés au travers desquels on passe un tissu afin d’y imprimer des motifs en relief. Une technique particulièrement utilisée par les Manufactures royales d’Amiens qui vont produire un tissu d’ameublement gaufré, le velours d’Amiens.

    D’autre part, la pince à gaufrer ou pince à timbre sec s’utilise depuis le XVIIe siècle dans les administrations afin de certifier un certain nombre de documents officiels, actes notariés ou billets de banques.

    Enfin, l’époque romantique apprécie tout particulièrement les reliures gaufrées, notamment celles qu’on appelle « reliures à la cathédrale » (leur couverture est ornée d’un motif de portail de cathédrale gaufré, parfois doré).

    Avec le développement des puissantes presses en fonte au XIXe siècle, ces techniques connaissent un essor. Elles accompagnent tout au long du XXe siècle les industries de l’édition, de la papeterie et du cartonnage de luxe.

    Au fil des décennies, la technique du gaufrage, qu’elle s’applique au cuir, au tissu ou au papier, a peu évolué, à ceci près qu’elle peut aujourd’hui s’appliquer à des matériaux modernes.

    1 Maurice Audin, Histoire générale des techniques - L'expansion du machinisme : Les techniques d'expression - L'imprimerie, t. 3, Paris, Presses universitaires de France, octobre 1996

  • Généralement, les graveurs-imprimeurs en gaufrage ne pratiquent pas seulement le gaufrage, mais tout un ensemble de techniques de finition et d’ennoblissement des matériaux qu’ils travaillent (notamment le papier) qu’ils mettent au service des volontés de leurs clients : dorure, marquage à chaud, gaufrage, timbrage, taille douce, thermo-relief, découpe à la forme, couleur sur tranche…

    Souvent utilisée sans encre ni dorure, la technique du gaufrage a pour but d’accentuer l’effet visuel mais aussi tactile du motif par un subtil jeu d’ombre et de lumière, souvent à des fins décoratives. Le gaufrage sert ainsi à sublimer cartes de vœux ou de visite, faire-part, invitations, enveloppes, dossiers de presse, étiquettes, marque-pages, menus, timbres ou encore packaging.

    Il peut également être utilisé à des fins administratives afin de certifier un acte officiel, un certificat d’authenticité ou un diplôme.

    Certains artistes graveurs utilisent le gaufrage dans une visée artistique, créant ainsi des illustrations d’ouvrages ou des impressions en édition limitée (c’est notamment le cas d’Annie Bocel ou de Jean-Luc Seigneur).

  • Le gaufrage consiste en la reproduction durable par pression d’un motif en relief sur un matériau ayant une mémoire de forme. Il peut s’agir de papier, de tissu, de carton, de cuir, pour lesquels le gaufrage est une méthode d’ennoblissement.

  • Le graveur-imprimeur en gaufrage se doit à la fois de maîtriser à la perfection les techniques de gravure et d’impression, tout en ayant une parfaite connaissance des matériaux qu’il utilise
    La première étape du gaufrage est la gravure, à partir d’un dessin ou d’une esquisse, du motif à appliquer, sur une plaque métallique appelée « cliché », et sa contrepartie. Celles-ci, également appelées matrices mâle et femelle, sont généralement en laiton ou en cuivre. Elles peuvent être réalisées par enlèvement de matière par des procédés mécaniques ou chimiques lorsqu’il s’agit de gaufrage simple à un seul creux, mais sont généralement réalisées à la main, notamment lorsqu’il s’agit de gaufrages plus complexes à plusieurs niveaux.

    La seconde étape est le choix du matériau, en fonction de sa qualité et de son poids afin d’obtenir l’effet recherché (lorsque celui-ci n’est pas déjà imposé par le client).

    La troisième étape est la mise sous pression du papier entre les deux matrices en métal qui va lui donner sa forme en relief. Il peut tout aussi bien s’agir de l’apposition d’un motif unique, d’un logo de marque ou encore d’un texte, sur une partie du papier, mais aussi de l’application de motifs répétés sur l’ensemble de la surface. Dans ce cas, il est possible d’utiliser des cylindres gravés à travers lesquels est passé le papier (notamment dans le cas des papiers- peints), plutôt que de simples plaques. L’empreinte ainsi créée existe au recto et au verso du papier (contrairement au foulage qui crée un effet d’enfoncement dans l’épaisseur du papier sans contrepartie au verso)

    Enfin, d’autres procédés d’ennoblissement peuvent être couplés au gaufrage, notamment l’ajout d’encres ou de dorure.

Environnement économique

    Les graveurs-imprimeurs travaillent généralement dans de petits ateliers allant de 1 ou 2 employés à quelques dizaines de salariés. Afin de s’assurer des commandes en continu, ils ne sont pas spécialisés uniquement en gaufrage, mais réalisent tout un ensemble d’opérations de finition et d’ennoblissement du papier : dorure, impression à chaud, timbrage, taille-douce, thermo-relief, découpe à la forme, couleur sur tranche, gaufrage.
    Certaines entreprises, qu’on appelle « formistes », sont spécifiquement dédiées à la fabrication des plaques et cylindres graves permettant de réaliser des gaufrages.
    Outre les particuliers, les clients des graveurs-imprimeurs en gaufrage sont avant tout les grandes maisons de l’industrie du luxe, mais aussi les institutions de la République, les ambassades, ainsi que certaines entreprises privées (cabinets d’avocats ou de stratégie, etc).
    Dans un contexte général de baisse d’activité et de recul du chiffre d’affaire de la filière graphique, en partie due au développement de nouveaux supports numériques, le travail des graveurs-imprimeurs restent une activité de niche principalement tournée vers une clientèle aisée prête à dépenser de l’argent pour faire appel à leur maîtrise des techniques traditionnelles de la finition et de l’ennoblissement du papier.
    Les industries graphiques regroupent trois grands secteurs :

    •  les activités de prépresse (qui précèdent l’impression d’un document : préparation de la forme imprimante, mise en page de texte/image, imposition, flashage, photogravure),
    • l’imprimerie de labeur (qui traite les travaux d’impression de textes ou d’images, en excluant la presse quotidienne : emballage, livres, catalogues, affiches, presse magazine)
    • la finition-façonnage-reliure

    Les imprimeurs-graveurs en gaufrage relèvent de cette troisième catégorie.
    L’imprimerie de labeur reste de loin la principale composante de l’industrie graphique, puisqu’elle représente 80% des emplois du secteur et l’essentiel du chiffre d’affaires total (près de 7 milliards d’euros). Cette prédominance s’explique notamment par le fait que les imprimeries de labeur ont la possibilité d’intégrer les activités de prépresse en amont et les activités de finition en aval.
    Avec une large majorité de très petites entreprises (les ¾ des établissements comptent moins de 11 salariés), malgré les regroupements d’entreprises qui s’organisent depuis plusieurs années, la branche de l’imprimerie de labeur compte 2 945 établissements (en baisse de 3.3 %) et 37 984 salariés (en baisse de 4.1 %) en 2018.

    (source : Groupement des métiers de l’imprimerie - GMI)

Formation

    Formation initiale

    Il n’existe pas de formation spécifique pour le gaufrage. Une formation à la gravure d’impression peut permettre d’acquérir les bases nécessaires à l’exercice du métier.

Illustrations