Glyptique

Rareté majeure
Absence de diplôme ou certification
Absence de formation
Faible nombre de détenteurs
Pierre / matériau d'origine minéral
Avec un burin imprégné de poudre de diamant, le glypticien pratique l’intaille ou la sculpture sur des pierres précieuses, fines ou ornementales, des matières organiques ou végétales pour obtenir des sceaux, des cachets ou des camées.

Description du savoir-faire

  • La glyptique (du grec glyptós, « objet gravé ») est un art très ancien qui consiste à graver et à sculpter des pierres dures, précieuses ou fines. On retrouve ses premières traces sous forme de sceaux cylindriques qui remontent à 5000 ans avant J.C., dans la région de Sumer (en basse Mésopotamie). La glyptique connaît un essor pendant l’Antiquité. Elle se développe en Égypte avec des amulettes gravées dans l’émeraude ou des pierres fines comme la turquoise, le lapis-lazuli, l’améthyste. Les grecs réalisent d’admirables intailles et camées dont la qualité ne fut égalée par la suite qu’à la Renaissance, en Italie et en France. L’objet travaillé a d’abord une fonction utilitaire. En effet, le sceau sert à apposer sa signature et à indiquer sa position sociale. Mais petit à petit, cet objet devient aussi un talisman (c’est-à-dire une représentation symbolique d’un pouvoir de puissance ou de protection), un objet d’ornementation, et enfin un objet d’art à part entière.

  • La glyptique s’exerce dans les domaines des Beaux-arts et Arts appliqués à la bijouterie joaillerie.

  • Le matériau choisi par le glypticien, et sur lequel le travail de glyptique va s’opérer, est souvent minéral : pierres précieuses (saphir, rubis, émeraude), pierres fines (améthyste, citrine, aigue-marine…) ou dures (lapis-lazuli, malachite, jaspe…) mais il peut aussi être organique (ivoire, corail, nacre, ambre et écaille) ou bien végétal (bois exotiques). Cette matière d’œuvre est en général de petite taille, du fait de son coût. 

  • Le glypticien procède à cinq étapes préalables à tout travail : 
    - réaliser une étude dessinée du motif à graver,
    - réaliser une maquette en cire ou en plastiline à l’échelle 1 ou à l’échelle supérieure,
    - choisir la pierre que l’on va travailler en fonction du motif et de l’expression souhaitée,
    - «débruter» la matière d’œuvre afin de révéler le potentiel de la pierre, sa luminosité et l’amener à son encombrement volumétrique (à sa forme),
    - fabriquer les outils nécessaires à la réalisation de l’œuvre,
    - mettre en ciment, avec de la cire de lapidaire, la pierre sur un « crayon » (support) pour ensuite la travailler plus aisément sur le touret.

    Pour réaliser une glyptique, le maniement d’un touret dont la pointe est garnie d’un abrasif (égrisée) est nécessaire. C’est cet outil qui, mit en mouvement, abrase la pierre. Le glypticien peut-être amené à créer la pointe de son touret car la précision de l’outil doit être adaptée à la pièce unique à graver. 
    L’outil est fabriqué à l’ancienne : des petits grains de diamants (bor) sont broyés avec un pilon puis déposés sur le métal en exerçant une pression à l’aide d’une pierre dure.
    La mise en forme de la matière par abrasion (usure) et non par enlevée ou par percussion est caractéristique de la glyptique.
    Pour exprimer un portrait, une composition, une gravure sigillaire ou héraldique, le glypticien utilise différentes techniques. La pierre gravée en creux s’appelle « intaille », elle est particulièrement adaptée pour les sceaux, leur empreinte se dessinant en haut-relief. Le « camée » désigne une gravure de pierre en relief, le plus souvent utilisée pour les pierres stratifiées comme les agates, mettant à profit les différentes couleurs de la pierre. D’autres techniques sont utilisées comme la sculpture en ronde-bosse, le bas relief…
    Tout l’art du glypticien consiste donc à savoir utiliser ces différents matériaux et techniques pour que la gravure fasse jouer la lumière de la pierre, ainsi que sa couleur et ses reflets. 

Environnement économique

    Une dizaine de professionnels exercent actuellement en France. La glyptique a toujours été un métier rare. Mais en France, à partir de la seconde moitié du XXe siècle de nombreux artisans soucieux de conserver leur monopole de clientèle ont refusé de transmettre leur savoir-faire. Faute de graveur, cette clientèle française et étrangère s’est progressivement adressée à d’autres pays d’Europe et du monde. Avec l’emploi de nouvelles technologies, certains pays proposent des réalisations semi-industrielles qui n’ont plus rien à voir avec une œuvre d’art et sont un ersatz de glyptique. La clientèle du glypticien est composée de collectionneurs et d’amateurs d’art, français et étrangers (américains, allemands, suisses) qui commandent des portraits, des compositions, des armoiries, des monogrammes… mais également de bijoutiers-joailliers qui ont besoin de pierres gravées pour les monter. L’importance du temps de réalisation des gravures limite naturellement la production. Le coût de réalisation d’une œuvre n’est jamais inférieur à 1000 € et avoisine plutôt les 3000 €. Le glypticien exerce sa profession en étant inscrit à la Maison des Artistes ou avec un statut d’artisan d’art.

Formation

    Depuis 1995, aucun enseignement national n’est dispensé en glyptique.
    La transmission de la glyptique est à plusieurs niveaux : la durée étant liée au choix d’application professionnelle et aux acquis préalables en graphisme, arts plastiques ou lapidairerie. Pour la décoration des pierres, la gravure des monogrammes, l’approche de la gravure héraldique, le temps d'apprentissage dans les formations connexes en bijouterie-joaillerie et en gravure doit être approfondi par des années de pratique. Pour le portrait, la composition, l’art animalier, en intaille, en camée ou en ronde-bosse, une dizaine d’années est nécessaire.