Gravure héraldique

Rareté modérée
Faible nombre de détenteurs
Formation de petit flux
Métal
Le graveur héraldiste grave armes et blasons en creux et à l’envers sur un support en or ou en argent à l’aide de poinçons et d’échoppes qu’il fabrique souvent lui-même. Spécialiste des symboles liés aux armoiries, il restitue avec précision les détails, ratifiés par une épreuve en cire.

Description du savoir-faire

  • Champs d’expression artistique, science annexe de l’Histoire, ou signe identitaire, l’héraldique raconte une histoire (légendaire ou réels faits d’armes), les origines des grandes familles, ou encore le fondement d’une communauté.

    Les prémices de l’héraldique sont apparues pendant les guerres féodales sur les étendards des seigneurs pour distinguer les parties en présence lors des affrontements, car les uniformes n’existaient pas encore. Ainsi, les combattants pouvaient différencier leurs ennemis de leurs collègues. Étendards, boucliers et casques ornés des armoiries ont ainsi porté les signes distinctifs de ralliement des armées. La multiplication des tournois, puis les croisades réunissant les seigneurs et chevaliers de toute la chrétienté, ont considérablement enrichi et accentué ce phénomène. C’est au Moyen-âge, où l’usage du sceau authentifie un document, que s’opère le glissement vers le signe d’identité qu’elles ont aujourd’hui. Puis les armoiries du seigneur et de sa famille se sont progressivement attachées au symbole du domaine. Plus tard, les villes ont imaginé et revendiqué leur emblème, signe d’indépendance. Enfin, les corporations ont imposé leur blason, orné de représentation de leurs outils ou de leur saint patron. Aujourd’hui encore, après différents statuts, les armoiries sont légalement reconnues accessoire indissoluble du nom patronymique.

  • Le graveur héraldiste grave un motif en creux qui servira à réaliser une empreinte, le plus souvent sur des chevalières ou des cachets. Il peut aussi graver des objets en métal comme des timbales ou des bracelets.

    Le graveur héraldiste détient également la science des armoiries. Onze « couleurs » définissent les surfaces. Elles se répartissent en trois groupes : les métaux (or et argent), les émaux (azur, gueule, sable, sinople et pourpre) et les fourrures (hermine, vair, qui sont des motifs, et leur inverse contre -hermine et contre-vair). Le graveur héraldiste traduit les couleurs en hachures et pointillés selon une codification rigoureuse. L’écu ou le bouclier, support matériel, prend des formes différentes selon le lieu ou l’époque. Il est lui-même divisé en zones appelées partitions. Elles se combinent et possèdent un sens propre (mariages, domaines supplémentaires).

    Une multitude de figures stylisées composent le langage les armoiries : végétaux, animaux, êtres fantastiques, astres, objets ou parties du corps.

  • La gravure héraldique est réalisée sur des métaux comme l'or, le bronze, le cuivre, le laiton, le platine et l'argent. Mais il peut arriver de graver d'autres matériaux selon la demande comme des pierres fines ou de la nacre.

  • La gravure héraldique reprend les techniques de gravure en modelé et de taille-douce.

    Une gravure débute toujours par la réalisation d'un dessin en deux dimension, qui peut être plus ou moins complexe. D’après une légende, appelée définition ou d’après un modèle, le graveur héraldiste va dessiner les armoiries. Pour la création d’un nouveau blason, il va s’inspirer des centres d’intérêts et des motivations de son client.

    Le dessin est ensuite reporté sur l'objet à graver. Puis le travail s'effectue à l'aide d'une loupe binoculaire et de différents outils : burins, échoppes, onglets, compas, pointes, grattoirs et marteaux miniatures. Le motif est gravé, c'est à dire que du métal est enlevé en creusant, mais certaines partie sont également ciselées, c'est à dire que le métal est déplacé, en le tassant, en le repoussant suivant les règles héraldiques. 
    Les armoiries doivent être reproduits avec fidélité, car toute modification risquerait d’en altérer le sens. Pour vérifier le motif gravé, à l'étape finale, la chevalière peut être noircie à la flamme, pour obtenir par impression un témoin en positif du blason.

Environnement économique

    On dénombre une dizaine de graveurs héraldistes en activité en France. Ils travaillent pour des particuliers du monde entier, des associations, des groupements, des corporations, des maisons de gravure ou des bijoutiers. Actuellement, une forte demande peut être observée.

    En droit français, les armoiries, accessoires du nom de famille et soumises au même régime juridique que lui, sont protégées contre les atteintes portées par des tiers, soit par l’usurpation à titre personnel, soit par l’utilisation notamment à des fins commerciales.

    Parallèlement à leur activité principale, les héraldistes peuvent développer une activité artistique de gravure. Ces travaux se reproduisent sur la cire ou tout autre support prenant l’empreinte comme la terre ou le papier.

Formation

    Il n'y a pas de diplôme spécifique à la gravure héraldique mais les formations suivantes permettent d'acquérir les techniques de gravure.

    Formation initiale

    Niveau 3
    - CAP métiers de la gravure option gravure en modelé, 3 ans.
    - CAP métiers de la gravure option marquage poinçonnage, 3 ans.
    - CAP bronzier option ciselure sur bronze, 2 ans.

    Niveau 4
    - BMA orfèvrerie option gravures-ciselure, 2 ans. Actuellement aucun établissement ne dispense cette formation.
    - FMA Formation Métiers d’art - métal (École Boulle), 3 ans.

    Formation professionnelle continue

    Les CAP métiers de la gravure option gravure en modèle et option marquage poinçonnage peuvent se préparer dans le cadre des contrats de professionnalisation. Des formations non diplômantes, d’une durée variable permettent de suivre une initiation, une formation complète ou un perfectionnement dans les techniques de la gravure et de la ciselure.