Héliogravure
Description du savoir-faire
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L’héliogravure est étroitement liée à l’histoire de la photographie, elle offre dès le XIXème siècle des estampes au toucher taille douces et au rendu visuel photographique
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L'héliogravure se caractérise par une impression extrêmement subtile due à la finesse de son grain qui permet de restituer toute une gamme de nuances de gris et d’obtenir des résultats photographiques. Ce procédé mis au point par l’imprimeur viennois Karl Klic en 1878 s’appuie sur les principes de l’héliographie de Nicéphore Niepce (1827). L’héliogravure est un moyen photo- mécanique qui permet d’obtenir une estampe en taille- douce en transférant une image photographique sur une plaque de cuivre par l’intermédiaire de gélatine photosensible. L’héliograveur commence par tirer un film, dit positif, à partir d’un négatif, d’un tirage papier ou d’un fichier numérique. L’insolation du film est effectuée sur une gélatine qui est aujourd’hui un papier pigmenté photo- sensibilisé dans un bain de bichromate de potassium. Avant d'être mordue, la plaque est traitée comme une aquatinte, c'est à dire que l'héliograveur recouvre la plaque d'un nuage de résine. La gélatine est ensuite reportée sur la plaque de cuivre. Cette opération de transfert s’effectue dans un bain d’eau chaude dans lequel est immergé le papier gélatine en contact avec la plaque. La gélatine adhère fortement au cuivre et fond aux endroits non insolés, en laissant apparaître sur la plaque, l’image photographique par des épaisseurs variables de gélatine durcie ; les zones fines correspondant aux parties foncées du cliché et les parties épaisses aux zones plus lumineuses. Le mordant est une solution de perchlorure de fer à laquelle est ajoutée diverses quantité d'eau déminéralisée. C’est l’eau présente dans l’acide qui va permettre, par des bains successifs de dilutions différentes, d’attaquer le cuivre proportionnellement aux épaisseurs de gélatine. La qualité de la morsure dépend donc de la concentration d'eau dans le mordant, du temps de morsure, de la température et du degré d’hydrométrie de la pièce. L'héliograveur doit donc moduler ces paramètres pour accéder aux demi-teintes si caractéristiques de l'héliogravure. Les valeurs de gris du cliché sont donc traduites sur le cuivre par différentes profondeurs de tailles, les noirs mordus en premiers sont profondément gravés, puis les gris et les hautes lumières sont de moins en moins creusés. La plaque est prête pour imprimer un tirage d’épreuve. Un bon à tirer, dît BAT, est imprimé chez un imprimeur taille-doucier et signé par l’artiste afin de valider la plaque et le tirage. A cette étape, l’aciérage de la plaque de cuivre est indispensable pour la solidifier et permettre la multiplication des tirages. Cette opération consiste à déposer par électrolyse une fine couche d’acier sur la plaque de cuivre afin de résister à la pression exercée par la presse taille-douce. Le tirage fini, les épreuves sont toutes numérotées et signées par l’artiste et la plaque de cuivre est rayée. L’image est imprimée sur un papier pur chiffon au PH neutre conférant à l’estampe en héliogravure un caractère de pérennité incomparable aux procédés photographiques.
Formation
Il n'existe pas de diplôme pour se former à l'héliogravure. Les formations connexes en gravure et en impression permettent d'acquérir les principes mais il est nécessaire de se spécialiser auprès d'un professionnel.