Laque

Rareté modérée
Absence de diplôme ou certification
Faible nombre de détenteurs
Peinture / Vernis / Email
Le laqueur choisit la traditionnelle laque de Chine, le vernis gras ou des laques créées par l’industrie moderne : cellulosique, polyuréthane... Le support est apprêté avant de recevoir la laque parfois associée à d’autres matières : feuilles d’or, d’argent ou de cuivre, poudres d’aventurine, nacre…

Description du savoir-faire

  • La pratique de la laque est d’origine orientale, elle existe depuis l’époque néolithique pour protéger et décorer des objets, comme en témoigne ceux retrouvés dans les tombes chinoises.

    En Europe c’est au XVIIème siècle qu’apparaissent, à travers le commerce avec la Chine, les premiers coffres laqués, mais c’est au XVIIIème siècle qu’un véritable engouement a lieu pour les « vernisseurs à la façon de la Chine » et la technique du vernis Martin. Le XIXème est marqué par la mode des objets en métal laqué. 

    Au début du XXème siècle deux figures emblématiques : Eileen Gray et Jean Dunand bénéficieront de la venue à Paris du maître japonais Sugawara.

  • Les domaines d’application de la laque sont très vastes et concernent l’architecture, les décors intérieurs, le mobilier (table, fauteuil…), les objets d'art (vaisselle, bijoux), les petits accessoires (boîtes), les panneaux muraux. La clientèle comprend des décorateurs, des particuliers, des collectionneurs, des musées pour les travaux de restauration de laque ancienne et l’État à travers des commandes d’art monumental.

  • Il existe trois types de laque : la laque d’origine végétale, animale et synthétique. 

    La laque végétale est issue d’arbres à laque, la variété la plus connue étant le sumac appelé Rhus vernicifera qui pousse en Asie méridionale. Avant d’être utilisée la laque brute est traitée : on enlève les impuretés par filtrage et l’excédent d’eau par ébullition. Les couleurs sont obtenues par adjonctions de matières colorantes, elles sont donc peu nombreuses : noir, vermillon, jaune et vert, en particulier pour la laque végétale. Pour les autres techniques toutes les couleurs sont possibles.

    La laque est utilisée comme décor ; elle peut être appliquée sur différents matériaux comme le tissu, la vannerie, la porcelaine, le cuir, mais son support de prédilection est le bois.

  • Pour l’utilisation de la laque végétale, l’entoilage (fixation d’une toile sur le bois) est collé avec un apprêt (mélange d’argile et de laque). Une fois durcie chaque couche de laque est poncée à l’eau, les trous et les irrégularités sont bouchés. L’opération de séchage se fait dans un milieu humide et chaud. La laque est de nouveau poncée puis séchée, avant l’opération de polissage de la dernière couche qui lui donne son éclat et révèle la richesse et la profondeur des couches.

    Le vernis gras ou vernis Martin est la variante européenne, moins allergène, plus facile à obtenir et à travailler. Elle a des propriétés voisines de la laque végétale. Pour obtenir une surface plane, le bois est poncé et entoilé avant de recevoir les couches d’apprêt, constitué de colle de peau de lapin et de blanc de Meudon (craie lavée). Les premières couches (pigment et vernis) sont appliquées, elles constituent les couches de fond. Des couches de laque de couleurs différentes sont ensuite apposées dans un ordre choisi. Puis intervient le temps de séchage, suivi du ponçage, opération qui permet de faire ressortir les couleurs aux endroits souhaités.

    Progressivement les laqueurs ont innové et utilisé des matériaux réservés à l’industrie automobile : les laques cellulosiques, les glycérophtaliques, les acryliques et les polyuréthanes qui offrent une palette de couleurs très large et permettent un séchage rapide. Ces matériaux peuvent s’appliquer au pistolet ou à l’aérographe mais nécessitent une cabine avec un compresseur d’air.

    Quelle que soit la technique mise en œuvre, l’apprêt est généralement de la même famille que la laque utilisée. Par exemple, pour la laque cellulosique on emploie de l’apprêt cellulosique.

    Quant aux techniques de décor, elles sont nombreuses et ce sont leurs combinaisons qui donnent sa beauté et sa richesse à la laque. Les techniques relèvent de l’incrustation, de la métallisation, de la peinture (polychromie), de la gravure, du relief et du glacis.

    La laque de Coromandel, exportée de Chine, doit son nom au port dont elle provient. C’est un procédé de gravure en champlevé effectué avec un fer qui met à nu la couche d’apprêt. Ces surfaces nues seront teintées, dorées ou laissées apparentes.

    L’incrustation concerne des éléments comme des coquilles d’œuf, de la nacre, de l’écaille, de l’ivoire, du métal… Ils sont découpés à la scie à fil et collés sur l’apprêt ou encore noyés dans des couches de laque. Dans ce cas, ils réapparaîtront après le ponçage. Des éléments plus épais peuvent être enchâssés dans des cuvettes gravées et apparaître en légère saillie.

    La métallisation est l’application, sur la couche de finition, de feuilles d’or ou d’argent qui prennent place à la suite de la pose d’une mixtion à dorer. On utilise également en Europe de la poudre de bronze ou de cuivre, permettant d’obtenir une surface unie ou dégradée.

    La polychromie se réalise sur un fond uniforme ou par couches superposées. Le ponçage donne un fond marbré et des effets de transparence. Elle s’applique aussi sur une surface définie, délimitée par des caches.

    La laque offre des jeux de lumière et de matière variés, qui attirent les créateurs, ainsi son aspect lisse peut être associé dans une même pièce à du bois percé par exemple.

    Ce métier requiert de la patience et de l’organisation, car le temps de séchage plus ou moins long impose un travail sur plusieurs pièces en même temps.

Environnement économique

    Il n'existe pas de diplôme ou certification spécifique au savoir-faire de la laque, mais certains DN MADE (diplôme post-bac) proposent des parcours orienté sur ce savoir-faire.

    Formation initiale

    Niveau 6
    - DN MADE Matériaux, 3 ans.
    - DN MADE Espace, 3 ans.

    Formation professionnelle continue

    Divers stages d’initiation ou de perfectionnement à la laque sont proposés en ateliers privés ou public comme le Greta des Arts appliqués.

Formation

    Aujourd’hui, en France, une centaine de professionnels se rattache au domaine de la laque. Dans la région parisienne sont concentrés environ six ateliers à façon comme Midavaine, Cornevin ou Alm déco, créés en majorité dans les années 1920. Ils travaillent pour une clientèle aisée avec des commandes classiques ou des chantiers à l’étranger (États-Unis, Russie): décoration de pièces, intérieur de paquebots... Ces ateliers constatent un renouveau de l’art décoratif même si l’ensemble des demandes concerne la production de table basse, copie de type “laque de chine” ou coromandel.
    Les laqueurs créateurs doivent souvent exercer une activité complémentaire comme l’enseignement ou le graphisme. Ils diffusent leurs œuvres dans les galeries et les salons.