Marqueterie de pierres dures

Rareté élevée
Absence de diplôme ou certification
Absence de formation
Faible nombre de détenteurs
Pierre / matériau d'origine minéral
Marqueterie de pierre
Le marqueteur de pierres dures maîtrise toute la palette des couleurs des pierres. Il débite les blocs en tranches de faible épaisseur à la scie circulaire, découpe les pièces et les colle sur une plaque.

Description du savoir-faire

  • La marqueterie de pierres dures est née à Florence à la fin du XVIe siècle où les sols et les murs sont alors recouverts de mosaïques en pierres dures taillées et assemblées avec grande précision. On parle alors de « marqueterie florentine ». En Italie, on dit aussi « pietra dura / pluriel », « pietre dure » ou « commesso », des termes correspondant aux différentes techniques de travail de la pierre.

    Aujourd’hui à Florence, l’art de la pierre dure est assez réduit et s’exerce essentiellement dans des travaux de restauration d’ouvrages anciens selon des techniques immuables et un outillage traditionnel.

    En France, un atelier de marqueterie de pierres dures est crée à la manufacture royale des Gobelins vers 1668. Il accueille surtout des lapidaires florentins qui collaborent avec les ébénistes du roi Louis XIV pour décorer tables et cabinet. Mais l’atelier fermera dès 1684 par mesure d’économie et ne rouvrira pas.

    Heureusement, entre temps, d’autres lapidaires italiens ont répandu cet art magistral dans les pays voisins et aujourd’hui les plus grands musées possèdent de splendides ouvrages, témoignages d’un savoir-faire presque disparu.

  • Si tout au début à Florence, on utilisait les galets de l’Arno, ils furent rapidement remplacés par des pierres fines telles que le lapis-lazuli, la malachite et toutes sortes de jaspes ou d’agate. On emploiera également des marbres de couleur mais aussi des matériaux organiques tels que le corail ou la nacre.

  • La technique n’a pas fondamentalement changé depuis l’époque du XVIe siècle, elle comprend quatre étapes : le débit des pierres, le découpage des éléments, l’assemblage et enfin le polissage.

    Les blocs de pierres dures (agate, jaspe, lapis lazuli, porphyre, bois pétrifiés, granits…) et les pierres plus tendres comme le marbre sont débités en plaques régulières de 3 ou 4 millimètres d’épaisseur. On utilise pour cela des machines équipées d’une lame d’acier ou d’un câble (enduits de poudre abrasive et d’eau) effectuant un mouvement lent, alternatif ou continu, horizontal ou vertical.

    Aujourd’hui, on utilise aussi des lames circulaires diamantées pour débiter les petits blocs en plaques.

    Une fois débitées, les pierres sont polies pour déterminer avec précision tonalité et couleur de la pierre.

    Le pourtour du motif est précisément tracé sur la pierre à l’aide d’une pointe de laiton. On découpe alors la plaque avec un archet composé d’une branche de noisetier et d’un fil d’acier tendu  imprégné d’abrasif – poudre de silice mélangée à l’eau. Ainsi, par mouvements réguliers et précis, le fil imprégné use la pierre et découpe le pourtour de l’élément.

    Au fur et à mesure qu’ils sont découpés, les éléments sont ajustés puis assemblés avec les pièces voisines. Le parement ainsi composé est fixé sur une surface plane avant de coller les joints à chaud en garnissant le vide des chants biseautés avec de la résine colophane. L’assemblage terminé on fixe avec la résine une dalle en marbre ou en ardoise sur le contre-parement de la marqueterie afin de maintenir l’ensemble.

    Le polissage consiste à frotter le parement avec un abrasif doux (poudre d’oxydes métalliques avec de l’eau). Un travail effectué à la main avec un outil en forme de disque muni de cuir, de peau ou de feutre. On utilise quelquefois un polissoir électrique.

Environnement économique

    De nos jours, l’art de tailler la pierre reste l’un des arts les plus difficiles. Le travail de la pierre dure ne s’exerce plus que dans quelques rares ateliers hautement spécialisés et ne concerne en France que deux ou trois lapidaires. La dureté et fragilité du matériau rendent l’exercice coûteux d’autant que le débit de la pierre est long et le découpage de la pièce lent et très minutieux. Sa diffusion est particulièrement difficile et ne s’adresse qu’à une clientèle aisée : des mécènes, des collectionneurs, de grands antiquaires, de grands décorateurs, des ambassades, ou encore les musées qui peuvent demander un état des lieux d’une collection ou des travaux de restauration de marqueterie de pierres.

Formation

    Il n’existe pas de formation initiale ni de formation professionnelle continue dédiée au métier de marqueteur de pierres dures en France. Il est cependant utile de suivre une formation dans le domaine du lapidaire. 

    En Italie, l’Opificio delle pietre dure de Florence forme quelques personnes vouées à la conservation et la restauration.