Matelasserie-literie
Description du savoir-faire
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La matelasserie est intimement lié à l’histoire du lit, dont les premières formes apparaissent avec la sédentarisation des populations. Pendant des siècles, la laine issue de l’élevage ovin a constitué la principale matière de garnissage.
Jusqu’au début du XXe siècle, les matelassiers intervenaient régulièrement chez leurs clients pour entretenir les matelas, notamment en les recardant afin de leur redonner leur confort d’origine.
L’essor de la société de consommation et le développement des matériaux synthétiques, comme les mousses polyuréthane, ont progressivement entraîné la raréfaction de la matelasserie traditionnelle au profit de procédés industriels.
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La matelasserie-literie consiste à fabriquer un matelas en laine mais aussi à réaliser le sommier. Un matelas de laine traditionnel nécessite en effet un sommier adapté, composé de ressorts et d’un système de cordes fortement tendues afin d’assurer un soutien approprié.
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La matelasserie traditionnelle se distingue par l’utilisation exclusive de matières naturelles. La laine demeure le matériau principal. D’autres fibres naturelles, comme le crin, peuvent également être employées selon les usages et le niveau de gamme recherché.
La laine est particulièrement appréciée pour sa capacité à réguler l’humidité et ses qualités thermiques naturelles. À l’inverse, les productions industrielles reposent largement sur des mousses synthétiques et des fibres polyester.
L’approvisionnement en laine constitue aujourd’hui un défi pour les professionnels. La dernière laverie de laine française ayant cessé son activité, les artisans et manufactures doivent donc s’adresser à des laveries à l’étranger, comme la Belgique.
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Après avoir cardé la laine, le matelassier la répartit soigneusement à la main à l’intérieur du coutil – la toile extérieure du matelas. Cette étape garantit une répartition homogène de la matière. Le matelas est ensuite fermé par couture à l’aide d’une machine, la bordeuse, qui réalise un bourrelet sur tout le pourtour du matelas.
Le matelas est ensuite capitonné. Réalisé de part en part du matelas à l’aide d’une longue aiguille spécifique, le capitonnage permet de maintenir durablement les fibres en place, d’éviter la formation de creux et de stabiliser la structure du matelas. Contrairement aux productions industrielles, où le capitonnage est souvent utilisé à des fins décoratives, le capitonnage traditionnel remplit avant tout une fonction technique, afin d’éviter des creux et des vides dans le garnissage.
Chaque pièce nécessite un temps de travail important pouvant atteindre jusqu’à 130 heures.
Environnement économique
Au sein de la filière de l’ameublement, la matelasserie artisanale occupe une place particulière, en privilégiant une fabrication à la main et l’emploi de matériaux naturels.
On estime qu’une quarantaine de personnes maîtrisent les techniques traditionnelles en France, réparties en ateliers individuels ou au sein de petites entreprises.
La clientèle se compose principalement de particuliers à la recherche de produits naturels, durables et fabriqués sur mesure, mais aussi de prescripteurs tels que les architectes d’intérieur. Certaines productions s’adressent également au marché du luxe, de l’hôtellerie haut de gamme ou à une clientèle internationale.
Formation
Il n’existe actuellement aucune formation spécifique consacrée à la fabrication artisanale des matelas et des sommiers. Les entreprises du secteur recrutent généralement des professionnels issus de formations voisines, notamment en tapisserie d’ameublement, tapisserie de siège ou couture, puis les forment en interne aux spécificités de la matelasserie.