Parurerie florale
Description du savoir-faire
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Roses, camélias, lys, coquelicots et tant d’autres éclosent entre les mains habiles du fabricant de fleurs artificielles, ou parurier floral lorsque la personne est spécialisée dans le domaine de la mode. Entièrement confectionnée à la main, chacune de ces créations porte en elle l’empreinte de celui qui l’a réalisée, revêtant ainsi le caractère unique propre à la fleur naturelle.
La confection de fleurs artificielles demande une large gamme d'outils ; très spécifiques notamment pour les différentes formes d'emporte-pièces mais aussi les gaufroirs. Cependant leur fabrication a cessé à partir de 1930. Pour exercer, il faut donc obtenir des outils provenant d'anciens ateliers, ou créer ses propres outils sur-mesure. -
La fabrication de fleurs artificielles relève d’un large éventail de matières. Pour les fleurs destinées à la décoration, différents tissus sont utilisés tels que le voile de coton ou de soie, la batiste, la mousseline… évoquant la légèreté des pétales ou bien le velours reproduisant leur velouté. Pour celles destinées à l’ornement de la toilette, le parurier floral doit prendre en compte la saison, s’adapter à la mode ou répondre aux exigences du styliste. Il utilise alors toutes sortes de matières : tissus (coton, soie, velours, tweed…), cuir, plumes, crin de cheval, papier, rhodoïd, vinyle…
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La transformation d’une étoffe en pétales et feuilles débute par l’apprêtage de la matière. Le tissu, tendu sur un châssis de bois, est enduit d’un apprêt (préparation à base d’amidon, de gélatine, de gomme…) et laissé à sécher. Cette opération évite que le tissu ne s’effiloche et permet de le rigidifier facilitant ainsi le façonnage des différents éléments de la fleur.
Le tissu apprêté et agrafé en cahiers est ensuite découpé dans son biais en forme de corolles, de pétales et de feuilles à l’aide d’emporte-pièce ou fers à découper. Cette technique de découpe nécessite un outillage important puisqu’à chaque modèle et taille de fleur correspondent un ou plusieurs emporte-pièce. La découpe peut s’effectuer de façon manuelle en frappant d’un coup de mailloche l’emporte-pièce placé sur le tissu, lui-même posé sur une dalle de plomb. Toutefois, elle est le plus souvent mécanisée et par conséquent plus rapide et moins éprouvante pour le découpeur. Emporte-pièce et tissu sont alors placés sous une presse. Dans les deux cas, la pression exercée sur l’emporte-pièce entraîne un découpage net des éléments floraux.
L’étape suivante est celle de la teinture qui s’effectue par trempage dans différents bains de couleurs. Lors de cette opération, entièrement réalisée à la main, les découpes sont passées « au bol », c’est-à-dire plongées par petits lots dans des récipients contenant le liquide colorant. Elles sont ensuite essorées à plat entre des buvards puis déposées sur des claies en bois pour le séchage. Pour faire apparaître nuances et dégradés de couleurs, les découpes encore humides sont retouchées au coton ou au pinceau.
Ces pièces de textile désormais colorées se métamorphosent en véritables illusions florales lors de l’étape de mise en forme. Quelle que soit la technique mise en œuvre, pétales et feuilles peuvent être façonnés et conserver leur volume grâce à la combinaison de plusieurs facteurs : l’apprêtage de la matière, l’humidification des pièces de textile, la chaleur dégagée par les outils préalablement passés à la flamme d’une lampe à alcool ou au gaz et la pression plus ou moins forte exercée sur le tissu.
Le gaufrage peut être réalisé au moyen de gaufroirs, outils composés de deux parties reproduisant le relief du pétale ou de la feuille et entre lesquelles on dépose la découpe humidifiée. Ces gaufroirs sont positionnés sous une presse à volant en fonte. Pour éviter d’écraser ou de déchirer le tissu, un morceau de feutre est fixé sur l’une des deux parties de l’outil. La découpe ainsi pressée devient fleur ou feuille comportant des nervures, des plissements… Cette technique est surtout utilisée pour la fabrication des feuilles ou des petites fleurs.
Le gaufrage peut également s’effectuer en travaillant les pétales à la main au moyen d’outils adaptés. Posé sur un coussin de son, le pétale est galbé, son arrondi est creusé à l’aide d’une boule. Il est plissé grâce à des rayettes. Ses bords sont retouchés, ourlés avec des pinces à gaufrer.
Enfin, on assiste à la floraison lors de l’opération de montage. Elle consiste à assembler tous les pétales en les collant un à un de façon harmonieuse autour du cœur de la fleur sur un fil de laiton représentant l’axe principal du végétal. Selon le modèle, feuillage, sépales ou tige peuvent être ajoutés en ultime finition.
Environnement économique
La fabrication de fleurs artificielles fut très active en France de la fin du XVIIIe au début du XXe siècle. Aujourd’hui seules trois grandes maisons employant entre dix et trente fleuristes subsistent : Légeron, Lemarié et Guillet. Parallèlement, un nombre très réduit de professionnels exercent dans des ateliers constitués d’une ou de deux personnes.
Les paruriers s’adressent à une clientèle de professionnels recherchant des produits de grande qualité. Ce sont les modistes, les maisons de haute-couture ou de prêt-à-porter de luxe dans le domaine de la mode. La vente aux particuliers a pâti de la production de pièces en plastique et de la concurrence étrangère. Mais il reste un marché de niche notamment pour les parures de mariées.
A l’international, il existe un marché à l’exportation en Europe de l’Ouest, au Japon, en Australie et en Amérique du Nord. La Chine possède aussi une petite clientèle très aisée qui se fournit auprès des maisons françaises.
Formation
Formation initiale
Niveau 3
-CAP fleuriste en fleurs artificielles, 2 ans.
-FCIL arts de la mode, 1 an.
Formation professionnelle continue
Le CAP peut être préparé dans le cadre de la formation continue.
Des formations non diplômantes permettent de suivre une initiation, une formation complète ou un perfectionnement dans le domaine de la création d’accessoires de mode.