Restauration de cuir
Description du savoir-faire
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Le cuir est connu depuis la préhistoire, par toutes les civilisations. Au fil des siècles, son usage et les techniques de fabrication ont évolué.
Les fonctions de ce matériau sont innombrables : employé dans le vêtement, mais aussi pour se protéger (tente, bouclier, etc.), on le retrouve sous la forme de sac, de bagages, dans les garnitures de véhicules, sur du mobilier et même sur les murs des demeures.
Le cuir de Cordoue, un cuir doré polychrome, a été introduit en Europe au VIIIe siècle, à partir de la péninsule ibérique. Ce cuir permettait de créer des revêtements muraux et des panneaux décoratifs (devant d’autels, paravents, etc.). Si Cordoue a été un centre majeur de production et d’exportation vers les cours européennes, la France, l’Italie puis la Flandre et les Pays-Bas développeront leurs propres manufactures dès le XVIe siècle. Aujourd’hui ces grandes surfaces de décor se retrouvent dans des châteaux, des hôtels particuliers et des musées.
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Le respect des règles déontologiques de la conservation-restauration est aujourd’hui impératif. Ainsi les interventions doivent être réversibles, non invasives, lisibles, stables dans le temps, respectueuses des matériaux d’origine et parfaitement documentées.
La conservation-restauration du cuir concerne principalement des objets conservés dans les musées et les monuments historiques. Elle porte sur des objets archéologiques (à la demande d’opérateurs d’archéologie) mais aussi sur des objets ethnographiques (vêtements, mobilier, instruments de musique, etc.) et de l’art décoratif (tentures murales, paravents, devants d’autel, etc.).
Selon les dimensions des œuvres et la nature des altérations, les interventions ont lieu en atelier ou directement sur site.
La spécificité des connaissances du restaurateur de cuir le conduit à faire aussi des études techniques et historiques des collections sur lesquelles il/elle intervient.
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Le cuir est issu du tannage des peaux. Toutes les espèces animales peuvent être représentées mais le produit fini aura une épaisseur et des dimensions variables. Le tannage est exécuté selon divers procédés (végétal, minéral) qui vont donner couleur et souplesse variables au cuir.
Le cuir est un matériau aux propriétés extraordinaires qui peut être cousu, brodé, ajouré, gaufré, repoussé, ciselé, argenté (« cuir de Cordoue »), doré, collé, imprimé, peint, verni, durci et mis en forme (« cuir bouilli »).
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La diversité des objets et des problématiques de conservation impose une adaptation systématique des techniques de restauration.
Toute intervention de conservation-restauration commence par un constat d’état permettant d’identifier les altérations (lacunes, déchirures, ruptures de couture, déformations, etc.), de les expliquer et de proposer un protocole d’interventions.
Les objets sont soigneusement dépoussiérés, nettoyés, puis ils sont consolidés. Ces phases sont précédées de tests pour vérifier l’innocuité des procédés.
Les parties manquantes peuvent être reconstituées si nécessaire dans une pièce de cuir moderne, en reproduisant très précisément la forme de la lacune.
Les cuirs déformés peuvent être remis en forme en employant des techniques de réhumidification progressive, mais le résultat dépend étroitement de l’état de dégradation chimique du cuir. C’est pourquoi la lubrification avec des produits gras est déconseillée sans l’avis d’un professionnel ou la réalisation d’analyses physico-chimiques.
Les cuirs peints peuvent faire l’objet de réintégrations colorées pour restituer des motifs disparus. Les pigments et liants utilisés sont soigneusement sélectionnés pour leur réversibilité.
Environnement économique
Le restaurateur ou la restauratrice de cuir travaille en étroite collaboration avec les archéologues, les conservateurs/conservatrices des Musées et des Monuments Historiques. Des particuliers peuvent également faire appel à ses services, dans la mesure où ils adhèrent aux principes du code de déontologie de l’ICOM.
Il/elle exerce en tant qu’entrepreneur indépendant, sur devis ou en réponse à des marchés publics.
Cette fiche a été rédigée avec la participation de Céline Bonnot-Diconne.
Formation
Une formation en conservation-restauration de niveau master est nécessaire pour intervenir sur les collections des Musées de France. Il n’existe pas de formation spécifiquement dédiée à la restauration du cuir, ce matériau est abordé dans plusieurs spécialités : objets ethnographiques, objets archéologiques, livre, mobilier… au sein de l’Institut National du Patrimoine (INP), de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et de l’école supérieure d’art d’Avignon.
Des formations préalables en maroquinerie ou en sellerie, permettent d’acquérir les techniques de bases du travail du cuir. Enfin, une formation en histoire de l’art et en archéologie est indispensable pour avoir une connaissance de la typologie des objets et de l’histoire des techniques.