Sculpture sur parchemin
Description du savoir-faire
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Très peu d’informations nous sont parvenues sur l’origine de ce savoir-faire. Les premiers ornements en parchemin présents sur les instruments de musique apparaissent pendant la Renaissance. Plusieurs sources iconographiques de la fin du XVe siècle montrent des luths possédant des ouïes ornées de rosaces qui semblent être en parchemin. Ce savoir-faire se développe pendant toute la Renaissance jusqu’à atteindre son apogée à l’époque baroque dans la seconde partie du XVIIe siècle. Ce savoir-faire disparaît à la fin du XVIIIe siècle avec l’évolution des pratiques de lutherie.
Il est fort probable que les luthiers et facteurs d’instruments fabriquaient leurs propres rosaces. Toutefois, des documents attestent que certains luthiers faisaient réaliser ces ornements par des prestataires extérieurs situés parfois à plusieurs centaines de kilomètres de l’atelier. C’est le cas notamment du luthier Mateo de Arratia, exerçant à Tolède en Espagne, qui commandait des tables d’harmonie incluant des rosaces à Venise en Italie.
Après avoir disparu pendant près de deux cents ans, la sculpture sur parchemin réapparaît progressivement dans les années 1970 avec le renouveau de la lutherie d’instruments de musique anciens.
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La dénomination “sculpture sur parchemin” est récente. Elle incarne l’art de réaliser des rosaces plus ou moins complexes sculptées dans du parchemin qui viennent orner l’ouïe (ouverture circulaire pratiquée dans la table d’harmonie) des instruments de musique tels que certains luths, la guitare baroque, le clavecin, le cistre, la viole de gambe ou encore la mandoline.
Le sculpteur sur parchemin travaille principalement en collaboration avec les luthiers et facteurs d’instruments de musique anciens ou bien directement avec les musiciens. Il doit être à même de copier une rosace historique d’après des photographies et de reconstituer les éventuelles parties manquantes et ornements de la rosace qui sont parfois fortement détériorés par le temps.
Depuis le début des années 2020, la sculpture sur parchemin connaît de nouveaux développements en dehors de son usage traditionnel lié à l’ornementation des instruments de musique, notamment sous l’impulsion de Matéo Crémades. En effet, il applique les techniques dans le monde de l’art contemporain avec la création de sculptures en parchemin. Ce nouveau genre de sculptures explore les possibilités expressives et techniques du matériau parchemin.
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Le parchemin est réalisé à partir de peaux traitées et apprêtées de façon à ce qu’elles acquièrent une certaine rigidité et une certaine planéité : chèvre, agneau, mouton ou veau (ou vélin). On trouve également du parchemin de bouc, de cerf ou bien de porc.
Si le parchemin est naturellement de couleur blanche ou crème, il peut être facilement teinté ou peint.
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La sculpture sur parchemin est l’art de créer, à l’aide de simples feuilles de parchemin, des rosaces plates ou à plusieurs niveaux, aux ornements complexes inspirés par l’art gothique ou l’art arabo-andalou.
Le volume visible sur chaque niveau des rosaces est créé par la superposition de plusieurs feuilles de parchemin (généralement trois feuilles de parchemin superposées), ajourées et ornées à la main à l’aide d’un scalpel et d’emporte-pièces circulaires.La réalisation débute par le dessin d’un patron de la rosace qui est collé sur une première feuille de parchemin. La sculpture de la feuille supérieure qui correspond au canevas de la rosace peut alors commencer.
Une fois la découpe de la première feuille de parchemin terminée, les différents éléments en parchemin ainsi obtenus sont collés sur une seconde feuille de parchemin à l’aide de colle d’os ou bien de colle vinylique (cette dernière a l’avantage de garder une certaine souplesse et d’être incolore). Cette seconde couche est sculptée et chanfreinée à son tour afin d’ourler les contours des motifs réalisés sur la première feuille de parchemin et créer ainsi un début de volume. La dernière feuille de parchemin se voit confier le programme ornemental qui vient compléter les motifs précédemment sculptés.
Chaque feuille de parchemin est collée sur la suivante au fur et à mesure de la découpe des motifs et des ornements.
La réalisation des rosaces à étages (jusqu’à sept niveaux dans certaines rosaces italiennes) est le fruit d’un jeu d’assemblage millimétré entre différents niveaux horizontaux et éléments verticaux.
Environnement économique
Ce savoir-faire compte très peu d’artisans dans le monde ; moins de 5 artisans spécialisés dans la sculpture sur parchemin. En France, s’il arrive que certains luthiers et facteurs d’instruments de musique réalisent eux-mêmes leurs rosaces, on recense à ce jour un seul professionnel à être uniquement spécialisé dans la sculpture sur parchemin : Matéo Crémades.
La clientèle est principalement constituée de luthiers, de facteurs d’instruments et de musiciens spécialisés dans les musiques anciennes.
Formation
Il n’existe aucune formation à ce savoir-faire, qui s'acquiert uniquement auprès de professionnels ou en autodidacte.