Taille de diamant
Description du savoir-faire
-
Les premiers diamants auraient été extraits en Inde il y a environ 3 000 ans. En Europe, l’art lapidaire se développe surtout à partir du Moyen Âge grâce à des techniques d’abrasion, permettant de créer des facettes simples.
À la Renaissance, les joailliers perfectionnent progressivement les méthodes de taille. Le célèbre carcan d’Anne de Bretagne illustre cette période de transition entre les formes médiévales et les innovations qui annoncent la Renaissance. Au XVIIe siècle, les joailliers perfectionnent la taille des facettes, dont le le Grand Diamant Bleu de Louis XIV en est l'illustration.
Au XIXᵉ siècle, le diamant devient un symbole de la bourgeoisie aisée. En 1919, le diamantaire belge Marcel Tolkowsky définit la « taille idéale » du brillant : une pierre ronde de 57 ou 58 facettes dont les proportions sont calculées mathématiquement pour maximiser l’éclat tout en limitant la perte de matière. Cette taille reste une référence dans la joaillerie moderne.Source : Muséum d'Histoire Naturelle, Petite histoire du brillant, https://www.mnhn.fr/fr/petite-histoire-du-brillant
-
Le diamant se déchiffre. Le diamantaire possède l’art de lire la pierre pour tailler un savant jeu de facettes qui réfléchira la lumière, la dispersera, la reflétera, comme un jeu de miroirs, pour animer le diamant de « feux » et lui donner vie.
La combinaison de quatre critères : color, clarity, cut, carat, (couleur, pureté, taille et poids) donne la valeur d’un diamant taillé. La couleur du diamant blanc, s’apprécie sur une échelle de D à Z, incolore à jaune clair, la pureté de IF : sans aucune inclusion à P3 : très piqué. La taille est estimée selon le respect de la symétrie et des proportions (profondeur/surface de la table, partie supérieure plane) qui, par un jeu de lumières, donne vie au diamant. L’unité de mesure du poids, le carat, est égale à 0,20 gramme.
-
D’Australie, de Russie, d’Afrique, du Canada ou du Brésil, le fabuleux diamant, du Grec adamas, l’invincible, est le matériau le plus dur au monde.
Les diamants de couleur, les fancy colours, jaunes, roses, bleus ou verts sont rares et exceptionnels. Les diamants, dont les duretés varient, peuvent également comporter des nattes (équivalents aux nœuds du bois) qui contrarient le sens de la taille.
-
Le diamant taillé se décompose en 2 côtés, le côté table et le coté culasse. La table désigne la partie supérieure plane ; la couronne, la partie facettée. Le rondiste délimite le milieu, la ceinture. La partie inférieure facettée se nomme culasse.
Les principales tailles de diamant sont la taille brillant, ovale, poire, marquise, cœur, émeraude, princesse, radiant, baguette ou triangle. Les diamantaires ont décliné des tailles en jouant sur le nombre et la forme des bezels (facettes de la partie supérieure) ou des facettes de la culasse.Le clivage consiste à creuser une entaille dans le diamant pour y placer un couteau (une lame) qui, frappée, partage la pierre en deux morceaux. Le sciage coupe le diamant. Aujourd’hui le laser remplace le marteau et la scie, mais la connaissance des sens de clivage est exceptionnelle et réservée au regard aguerri des professionnels expérimentés.
L’arrondissage ou débrutage est l’opération préliminaire à la taille. Elle permet de préparer une ébauche de la forme à réaliser. Serti sur le bâton de débrutage, à l'aide d'un ciment, le diamant est frotté sur un autre diamant. Sous l'effet du frottement, les arêtes s'arrondissent pour former le rondiste et s’approchent de la forme conique double du brillant. Là encore, le laser a tendance à prendre la place du débrutage manuel ou mécanique.
Le facettage nécessite beaucoup d'expérience et de dextérité. Le diamant à facetter est serti dans une tenaille que l'on appelle « dop » et présenté sur un plateau en fonte poreuse, enduit de poudre de diamant.
Les grandes tailleries industrialisées utilisent l’ordinateur, l’électronique mécanique et le polariscope qui mesure la transparence et la réfringence, propriété de la gemme à réfracter la lumière. Certaines machines permettent de visualiser et contrôler les différentes étapes de transformation, du diamant brut au diamant taillé. L'ordinateur déterminera quelles seront les dimensions maximales que l'on peut obtenir à partir du brut.
Le polissage est réalisé sur le même plateau que pour le facettage mais enduit d'un abrasif plus tendre.
Environnement économique
Extraits en Afrique, au Canada, en Russie et surtout en Inde, les diamants se négocient à Anvers. Suivant la croissance mondiale du secteur de la joaillerie, les ventes de diamants sont en progression.
Cette augmentation profite inégalement aux diamantaires qui transforment la matière mais ne font pas de négoce de pierres. Comme les lapidaires, les diamantaires assurent une partie de leur chiffre d’affaires grâce aux travaux d’ajustement ou aux commandes spéciales des ateliers de haute joaillerie.
Les diamantaires travaillent dans des ateliers intégrés aux entreprises de négoce ou dans de petits ateliers. Il y auraient aujourd'hui moins d'une dizaine d’artisans spécialisés en France.
Pour contrer la concurrence des Indiens et les prouesses techniques des Israéliens, les Français misent sur le goût et le très haut de gamme.
Formation
Formation initiale
Niveau 3
- CAP lapidaire option diamant, 2 ans.
Actuellement, aucun établissement public ne dispense cette option. Il est cependant possible de passer le CAP en candidat libre.
Formation professionnelle continue
Des organismes privés proposent des formations courtes d’initiation ou de perfectionnement à la taille de pierres précieuses.