Tissage à bras
Description du savoir-faire
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Le tissage est une pratique très ancienne, attestée plusieurs millénaires avant notre ère. Une évolution technique majeure intervient au XVIIIe siècle avec l'invention de la navette volante par l'Anglais John Kay, brevetée en 1733. Propulsée d'un côté à l'autre du métier à l'aide d'un lance-navette, elle permet au tisserand de travailler plus rapidement et de réaliser des étoffes plus larges. Cette innovation participe aux transformations techniques qui précèdent la mécanisation de l'industrie textile.
Le tissage à bras est attesté en France au XIXe siècle à la fois dans des ateliers et dans une production à domicile. En 1820, en Alsace à Wasserbourg, un atelier est fondé par deux industriels, tandis qu’à Tours en 1853, un bâtiment est destiné aux métiers à bras. En 1882, à Lubine dans les Vosges, 140 personnes auraient vécu du tissage à bras et à domicile.
La mécanisation transforme progressivement cette organisation de production au XIXe siècle. À L'Étoile, par exemple, une petite unité de tissage à bras attestée en 1872 cesse son activité lors de la mise en service d'une usine voisine à partir de 1883.
Le remplacement progressif des métiers à bras par des métiers mécaniques modifie profondément le rapport au travail. En 1977, Jacques Anquetil, tisserand, écrivain et historien français du textile, estimait à plus de 1 000 le nombre de tisserands en France.
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Le tisserand à bras crée des tissus par entrecroisement de fils de chaîne (fils longitudinaux) et de trame (fils transversaux) sur un métier à tisser actionné à la main.
Il réalise des étoffes de coton, laine, soie, chanvre, lin ou de fils artificiels et synthétiques. La production comprend des pièces uniques et de très petites séries ; des métrages pour la haute couture et l'ameublement ; des vêtements et accessoires de mode, des textiles pour la décoration intérieure ; des reconstitutions de tissus anciens pour les musées ; des prototypes destinés à la production en série industrielle ; des commandes publiques artistiques.Les tisserands travaillant sur métiers manuels produisent essentiellement pour une clientèle de particuliers, mais peuvent aussi être sollicités par des professionnels (échantillonnage, reproduction d'étoffes anciennes, tissus élaborés pour le luxe).
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Les matières principalement utilisées sont des fibres naturelles : lin, chanvre, laine, soie, coton, cachemire, mais aussi des fils métalliques, voire également : ortie, crin de cheval, fibres recyclées.
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Le métier à bras traditionnel se compose d'un bâti sur lequel sont installés quatre dispositifs : l'ensouple arrière, le dispositif intermédiaire assurant la levée et la baisse des fils de chaîne, le peigne qui tasse les fils, et le rouleau porte-tissu qui emmagasine le tissu au fur et à mesure de sa fabrication.
Le mouvement des divers éléments du métier à bras est actionné par les bras et les jambes de l’artisan. Selon le mode d’entrecroisement des fils de chaîne et des fils de trame, on obtient différents types d’armure dont les trois fondamentales sont la toile, le sergé et le satin.
Plusieurs opérations minutieuses sont nécessaires avant de tisser.
- La première est l’ourdissage de la chaîne qui permet de préparer les fils de chaîne selon un certain ordre et de les enrouler parallèlement entre eux sur un cylindre de bois appelé rouleau de chaîne ou ensouple arrière. Ces fils sont disposés sur le métier avec une tension égale. Le nombre de fils au centimètre déterminera la finesse du tissu.
- L'enfilage consiste à passer chaque fil de chaîne dans l'œillet d'une lisse. Les lisses sont réparties sur différents cadres, dont le nombre peut varier, généralement de 2 à 24 selon le métier et la complexité de l'armure à réaliser. La répartition des fils de chaîne entre les différents cadres détermine la manière dont ils seront levés ou abaissés pendant le tissage et participe ainsi à la construction du motif du tissu.
- Le canetage consiste à enrouler le fil de trame sur une canette, petite bobine qui est ensuite placée dans la navette.
Pendant le tissage, le tisserand actionne les cadres à l'aide des pédales afin de lever ou d'abaisser certains fils de chaîne et de créer une ouverture appelée foule. Il introduit alors, au moyen de la navette, le fil de trame entre la nappe supérieure et la nappe inférieure des fils de chaîne sur toute la largeur du tissu, d’une lisière à l’autre selon l’armure du tissu. La trame croise la chaîne et forme le tissu à chaque fois que le peigne, accessoire muni de dents entre lesquelles passent les fils de chaîne, serre un fil de trame contre le précédent. Au fur et à mesure du tissage, le tissu s’enroule sur un cylindre de bois placé à l’avant du métier et désigné par les termes de rouleau d’étoffe ou ensouple avant.
Environnement économique
En 1977, on dénombrait plus de 1 000 tisserands en France, selon une estimation de Jacques Anquetil. Un recensement réalisé en 2019 par le Syndicat des Tisserands de Bretagne a identifié environ 250 personnes, toutes spécialités de tissage confondues, incluant des professionnels en activité, des retraités, des jeunes en cours d’installation et des membres d’associations. Il est cependant difficile d’établir le nombre exact de tisserands à bras professionnels actuellement en activité en France.
L’activité est majoritairement artisanale. Pour un tiers des tisserands interrogés en 2019, le tissage constitue l’activité unique ; pour les deux tiers, il est associé à une autre pratique professionnelle, comme le filage, la teinture, la couture ou la formation. Près d’un tiers se trouvaient dans leurs cinq premières années d’activité, signe d’un renouvellement de la profession. Une vingtaine exportaient leur production, notamment vers des pays européens, le Japon, Hong Kong, les États-Unis et le Québec.
Aujourd’hui, les tisserands à bras produisent principalement des pièces uniques ou de très petites séries. Leur activité peut concerner l’habillement et les accessoires, la décoration intérieure, l’ameublement, la reproduction d’étoffes anciennes, la création de tissus pour le luxe ou encore la réalisation de prototypes et d’échantillons.
Leur clientèle est principalement composée de particuliers, mais certains travaillent également pour des professionnels.
En 2008, le métier de tisserand à bras est inscrit à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel français.
La profession s’appuie également sur des réseaux professionnels qui contribuent à la mise en relation des tisserands, à la promotion du métier et à la transmission des savoir-faire. En Bretagne, le Syndicat professionnel des Tisserands de Bretagne, créé en 1978, poursuit aujourd’hui ses activités. À l’échelle nationale, l’association Tisserandes et Tisserands de France contribue également à fédérer et à valoriser les professionnels du tissage artisanal.
Formation
Il n’existe pas de diplôme spécifique au tissage à bras, mais les formations supérieures d’arts appliqués dans la mode et le textile permettent de se familiariser avec le tissage.
Formation initiale
Niveau 6
- DN MADE Textile, 3 ans.
- DN MADE Mode, 3 ans.
Formation professionnelle continue
Des formations non diplômantes, d'une durée variable ou des cours à la semaine permettent de suivre une initiation, une formation complète ou un perfectionnement (initiation au tissage végétal, perfectionnement au tissage sur cadre, techniques de filage, teinture).