Restitution de l'enquête Perceptio
- Enquête
Si 97 % des Français ont une image positive des métiers d’art et des savoir-faire d’exception, seuls 35 % estiment bien les connaître.
Le 22 janvier 2026, les résultats de Perceptio, une enquête nationale inédite réalisée par l’Institut pour les Savoir-Faire Français et IPSOS BVA grâce aux Métiers d’Excellence LVMH, partenaire principal, ont été révélés à l’occasion des Rencontres Économiques des Métiers d’Art.
En l’absence de données de référence sur la perception des métiers d’art et des savoir-faire d’exception, cette enquête vise à comprendre plus finement les représentations des Français concernant ces métiers, qui influencent les choix d’orientation et les trajectoires professionnelles.
Les résultats mettent en évidence un décalage entre une image très largement positive des métiers et un niveau de connaissance encore insuffisant, soulignant l’enjeu central de leur juste mise en valeur. Perceptio constitue ainsi un outil stratégique pour renforcer la visibilité, l’attractivité et la compréhension de ces filières d’excellence.
Une image très largement positive, partagée par l’ensemble de la population
Les métiers d’art et les savoir-faire d’exception bénéficient d’une image exceptionnelle auprès des Français. 97 % déclarent en avoir une bonne image, plaçant ces métiers en tête des filières professionnelles les mieux perçues, devant les métiers de l’artisanat en général, du médical ou les métiers de la culture. Cette image positive diffère selon les générations : 67 % des plus de 60 ans en ont une très bonne image, contre 39 % chez les moins de 26 ans.
Cette perception favorable repose en grande partie sur les valeurs associées à ces métiers. Plus de 90 % des Français les considèrent comme un élément constitutif de l’identité culturelle française et comme des sources d’épanouissement personnel. Création, passion, exigence, structurent l’imaginaire collectif autour de ces professions, souvent perçues comme porteuses de sens dans un contexte de quête de repères.
Une réalité encore mal connue, y compris localement
Si l’image est très largement positive, la connaissance demeure lacunaire. Seuls 35 % des Français estiment bien connaître les métiers d’art et les savoir-faire d’exception. Cette méconnaissance concerne de nombreuses dimensions du secteur : périmètre difficile à cerner, débouchés professionnels, formations existantes et ancrage territorial.
Cette distance nourrit des représentations parfois erronées. Plus de la moitié des Français considèrent que ces métiers nécessitent un niveau d’études élevé, et 53 % estiment qu’ils sont réservés à une élite. Ces perceptions constituent des freins objectifs à l’orientation, en particulier chez les jeunes et leurs familles, et contribuent à une forme d’autocensure.
La connaissance locale du secteur reste également limitée : une majorité de répondants ignore si leur région est reconnue pour ses savoir-faire d’exception, ou si des formations sont accessibles près de chez eux, malgré un ancrage territorial fort des entreprises du secteur (8 entreprises sur 10 sont situées hors d’Ile-de-France – Les Eclaireurs, 2024).
Des métiers qui suscitent un intérêt réel, notamment auprès des jeunes
Malgré ces freins, les métiers d’art et les savoir-faire d’exception suscitent un intérêt tangible. 71 % des Français recommanderaient ces métiers comme voie d’orientation, et près d’un jeune sur deux de moins de 26 ans se déclare intéressé par ces professions.
Cet attrait repose sur plusieurs leviers : le caractère créatif des métiers, la dimension concrète du travail, la maîtrise d’un geste, ainsi que la perspective d’exercer une activité porteuse de sens. Chez les jeunes générations, l’aspiration à des métiers utiles, authentiques et incarnés apparaît comme un moteur puissant, en résonance avec les valeurs portées par ces filières.
Les résultats montrent que ces métiers gagnent à être connus : les personnes qui considèrent bien connaître les métiers d’art sont plus nombreuses à les considérer comme des métiers d’avenir, innovants, offrant de bonnes conditions de travail et de réelles perspectives professionnelles.
Un enjeu majeur de visibilité et de reconnaissance
Perceptio met en lumière un constat partagé : 71 % des Français estiment que les métiers d’art et les savoir-faire d’exception ne sont pas suffisamment mis en avant dans la société, mais aussi dans les médias et en ligne (pour 67%).
Les canaux de découverte varient selon les générations. Sans surprise, les jeunes s’informent prioritairement via Internet (41% des moins de 26 ans), les réseaux sociaux et l’école, tandis que les aînés découvrent davantage ces métiers à travers les visites culturelles (65% des 60 ans et plus) et les médias traditionnels (télévision, presse …). Cette diversité appelle des stratégies de valorisation ciblées, adaptées aux publics et aux usages.
Faire de la reconnaissance un levier d’attractivité et de transmission
En révélant l’écart entre image et connaissance, Perceptio souligne l’urgence d’une action coordonnée pour mieux faire connaître la réalité des métiers d’art et des savoir-faire d’exception, leurs parcours de formation, leurs débouchés et leur diversité.
Contribuer plus fortement à une connaissance plus juste de ces métiers constitue un levier central pour lutter contre les idées reçues, encourager les vocations, redonner toute leur place aux filières professionnelles et assurer la transmission de savoir-faire essentiels à la vitalité culturelle, économique et territoriale de la France.
Etude réalisée grâce au soutien des Métiers d'Excellence LVMH, partenaire principal, avec le concours du ministère de l'Education Nationale et d'un comité scientifique composé d'experts : Marion BARDET, Directrice des Métiers d’Excellence LVMH ; Jocelyn GAC, Directeur du Collège des Métiers - Les Compagnons du devoir et du Tour de France ; Sébastien GURUNG, Délégué général - Collectif Orientation ; Héloïse LEBOUCHER, Directrice opérationnelle - Campus Mode, Métiers d’art, Design – Manufacture des Gobelins ; Gabrielle LEGERET, Directrice générale & fondatrice - De l'or dans les mains ; Emmanuel GEORGES-PICOT, Conseiller éducation, orientation, formation et emploi - Régions de France ; Fanny DANTHEZ, Responsable Ressources et Intelligence économique - Institut pour les Savoir-Faire Français.