Gardons l'Œil N°5

  • Enquête
© Hubert Nowik

Contenu réservé aux adhérents de l'Institut pour les Savoir-Faire Français

Le papier n'a pas dit son dernier mot 

 

Le 28 mai dernier, la reliure Houdart accueillait une délégation de l’Institut. Sous la conduite de Pierre Escarra, notre équipe a pu explorer toutes les étapes de la reliure d’art, auprès des fines mains de l’atelier. Au-delà de la technique et des savoir-faire, c’est une merveilleuse histoire d’hommes et d’entreprise qui nous a été contée. Lorsque Pierre Escarra a repris la société, celle-ci ne comptait que deux artisans et une poignée de clients. Vingt ans plus tard, ce ne sont pas moins de douze artisans et plusieurs milliers de clients qui font la renommée de la reliure Houdart, connue de toutes les institutions qui doivent archiver leurs collections, des galeries d’art les plus prestigieuses, des services communication de grandes sociétés, mais aussi des étudiants qui font relier leurs books. Aujourd’hui, la relève se prépare, doucement mais sûrement, avec Xavier Gramont et toute l’équipe.

Pour beaucoup, la lecture reste indissociable de son support traditionnel : le livre. Toucher le papier, tourner les pages, s’arrêter, revenir en arrière, regarder où il a été imprimé, quelle typo a été utilisée, et… sentir son odeur.

Mais le livre papier a-t-il encore un avenir ? 

Le constat paraît alarmant :

  • pour la première fois en 2025, les fermetures (85) de librairies en France ont dépassé les créations (83), [1]
  • et les jeunes passent 10 fois plus de temps sur les écrans qu’à lire des livres. [2]

Cependant il existe plus de 3 000 librairies indépendantes en France. C’est l’un des réseaux les plus denses au monde d’après le syndicat de la librairie française.[3] Bien que la part de marché des grandes surfaces spécialisées (de type Fnac, Espace culturel…) soit supérieure en valeur à celle des librairies indépendantes (29,8 % en 2025), il semble qu’elles résistent : en 10 ans, leur part de marché est passé de 22,1 % (2016) à 25,7 % (2025). Dans le même temps, les ventes de livres sur internet ne progressent que de 0,6 point (de 19,5 % en 2016 à 20,1 % en 2025). [4]

La clé résiderait-elle dans la diversification des offres proposées par les librairies indépendantes ? Ateliers d’écriture, ateliers enfants, club de lecture…, les clients les plébiscitent. [5] Au Japon, « l’édition traditionnelle s’effondre, mais les magazines artisanaux connaissent un regain inattendu. Artistes et jeunes créateurs misent sur le toucher et l’émotion que le numérique ne peut pas offrir. »[6]

Alors, bientôt un service ou une animation reliure dans les librairies ?

Pour en savoir plus sur l’histoire de la reliure Houdart, visionnez le replay de notre webinaire « Reprendre une entreprise dans le secteur des métiers d'art et des savoir-faire d'exception »

Repéré dans la veille 

« Le Groupe Messages rachète Escourbiac et vise le haut de gamme. Escourbiac, fondée en 1963 à Graulhet, est spécialisée dans les beaux livres, les livres d’art et les impressions à forte exigence graphique. Le Groupe Messages réunit désormais impression, fabrication, façonnage et reliure au sein d’un même ensemble, avec un ancrage en France. »,Cultinfos.com, 26 juin 2026, https://cultinfos.com/buzz/1622392-imprimerie-groupe-messages-soffre-escourbiac-specialiste-beau-livre), consulté le 3 juillet 2026

« D’où vient l’odeur des vieux livres (et pourquoi est-elle à ce point appréciée) ? », letribunaldunet.fr, 26 mars 2026, https://www.letribunaldunet.fr/le-saviez-vous/pourquoi-vieux-livres-sentent-bon-explication-scientifique.html, consulté le 3 juillet 2026

 

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