Le rôle clé des savoir-faire rares
En quoi les savoir-faire rares occupent une place centrale dans le panorama français ?
Le lien avec l'histoire et le patrimoine
Les savoir-faire rares sont généralement issus d’une longue tradition, ce qui les rend indispensables pour la conservation et la restauration du patrimoine immobilier et mobilier. La charpenterie de bois vert a ainsi permis de refaire à l’identique la charpenterie de Notre-Dame de Paris, selon les techniques médiévales.
La restauration d’éventail, détenue par peu de détenteurs et n’étant enseigné dans aucun cursus de formation, est cependant essentielle pour entretenir les collections d’éventails du XVIe ou du XVIIIe siècle.
Des savoir-faire essentiels pour la chaîne de production
Certaines filières économiques ont recours aux réalisations d’ateliers détenant des savoir-faire rares. Par exemple dans l’ameublement de haute facture, pour répondre à des demandes particulières de décorateurs, la passementerie, qui permet la réalisation d’ornements sur mesure. La fabrication d’archet pour les instruments à cordes, comme le violon, joue un rôle clé pour le secteur de la musique. Quant à la taillanderie, elle permet de fabriquer des outils spécifiques, utilisés pour la restauration du patrimoine bâti ou dans des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement, pouvant difficilement être obtenus par l’industrie métallurgique.
Des valeurs éco-responsables
Plusieurs savoir-faire rares, dans leur pratique, utilisent des matériaux naturels, souvent local, et incarnent des sources d’inspiration, notamment de pratiques écoresponsables. La fabrication de bardeaux et de lattes, de fines planches de bois, est nécessaire depuis longtemps à la restauration d’édifices, comme la toiture du Mont Saint-Michel, mais les bardeaux présentant des qualités thermiques et une durée de vie appréciable (entre 40 et 80 ans), ce savoir-faire représente un intérêt certain pour la construction contemporaine responsable. Également sollicité pour l’entretien et la restauration de collection historique, la fabrication et la restauration hippomobile (carrosse, calèche…) remet aussi en lumière les principes de mobilités douces.
Un potentiel de recherche et de développement
Les savoir-faire rares évoluent aussi avec les époques, ils peuvent s’inspirer des innovations récentes ou même susciter des sujets de recherches techniques, scientifiques ou sociétale. Par exemple, pour la fabrication de carreaux de ciment à la main, utilisés pour la rénovation ou l’aménagement intérieur, plusieurs pigments très utilisés au XIXe siècle sont aujourd’hui interdits. Les détenteurs de ce savoir-faire font donc beaucoup d’expérimentations pour approcher au mieux les couleurs d’origine, travaillant ainsi sur des substituts de matière ou ouvrant des possibilités en design et arts appliqués.
Contenu conçu dans le cadre de Per Durare
Afin de faire émerger des solutions concrètes pour la préservation des savoir-faire rares, l’Institut pour les Savoir-faire Français sous l’impulsion de la Fondation d’entreprise AG2R LA MONDIALE pour la vitalité artistique, met à disposition de ceux qui souhaitent s’engager dans cette dynamique les ressources utiles pour avancer efficacement.